Guerre en Ukraine : Alcools, Champagne, vins... Les exportations françaises vont-elles souffrir du conflit ?

AU RÉGIME SEC Le conflit en Ukraine va avoir des conséquences sur les ventes des producteurs de vins et spiritueux, habitués à exporter vers la Russie

Thibaut Gagnepain (avec M.B.)
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Au rayon des vins et spiritueux dans un magasin de Moscou (illustration).
Au rayon des vins et spiritueux dans un magasin de Moscou (illustration). — Kirill KUDRYAVTSEV / AFP
  • La guerre en Ukraine va-t-elle avoir de graves répercussions sur les exportations de vins et spiritueux français ? Elles sont à craindre mais les proportions restent mesurées.
  • En 2021, la Russie a importé pour presque 198 millions d’euros de vins depuis notre territoire.
  • La même année, l’équivalent de 1,5 million de caisses de 12 bouteilles de spiritueux est arrivé au pays des Tsars.

Les commandes étaient prêtes… mais vont rester à quai. « Il y a trop de risques à expédier vers la Russie, on ne sait pas si les produits vont arriver », lance Serge Der Sahaguian. Le directeur général de Spirit France, un des principaux producteurs d’Armagnac et Calvados, le sait : la guerre en Ukraine « va forcément avoir des répercussions ». Lesquelles ? Jusqu’à quand ? Dans quelles proportions ? Il est évidemment trop tôt pour le savoir. Mais certaines régions françaises risquent d’être plus touchées que d’autres.

En 2021, la Russie a importé pour presque 198 millions d’euros de vins depuis notre territoire. Cela en fait le 15e marché pour les producteurs français, d’après le magazine Réussir qui s’appuie sur les chiffres de la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux de France (FEVS). C’est peu en comparaison avec les États-Unis, qui en importent pour 4 milliards d’euros, un quart du chiffre d’affaires total.

Le débouché russe n’est pas pour autant négligeable. Surtout en ce qui concerne les spiritueux. En 2021, l’équivalent de 1,5 million de caisses de 12 bouteilles est arrivé en Russie, toujours selon la FEVS. « On réalise 15 % de notre chiffre d’affaires en Russie et 25 % de notre rentabilité. Ils s’y achètent des produits âgés, à forte valeur ajoutée », reprend Serge Der Sahaguian, dont la maison produit notamment les marques Père Magloire et Janneau.

« Ce qu’on vendait en Russie, ce n’est pas évident qu’on puisse le vendre ailleurs », ajoute le responsable de Spirit France, dans le doute, sans être pour le moment inquiet. Une vision partagée par l’Union générale des viticulteurs de l’AOC Cognac où on dit « observer comment vont évoluer les choses car on n’a pas encore de visibilité sur l’impact du conflit ». « Le marché russe représente aujourd’hui moins de 3 % de la part de marché du Cognac en volume. Néanmoins, nous sommes conscients de son importance pour certains de nos opérateurs », dit-on à l’interprofession. .

Presque 200 millions d’euros de vin français acheté en Russie

Du côté des vignerons, les conséquences de cette guerre sont aussi réelles. Sur les presque 200 millions d’euros de commandes en 2021, la première région concernée en termes de volume est la Champagne. Soit le produit qui sortait tout juste d’un conflit avec le pouvoir russe concernant le nom à afficher sur les étiquettes. Plus de 1,7 million de bouteilles du plus célèbre des « effervescents » ont été exportées vers le pays des Tsars en 2019, soit 13.500 hectolitres. Soit, il faut relativiser, 1,5 % des ventes totales de champagne…

Deuxième vignoble le plus concerné, la Bourgogne. En 2021, ce sont environ 7.200 hectolitres de Nuits-Saint-Georges et autres crus qui sont partis en Russie. « C’est le 18e marché en volume, le 17e en valeur », explique-t-on au Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne (BIVB). Là encore, sans minorer les conséquences du conflit, cette situation ne donne pas de sueurs froides. Si le Gevrey-Chambertin ne se vend pas là-bas, il se vendra ailleurs…

La Russie 52e destination pour les Bordeaux

Dans le Bordelais, le Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux (CIVB) répond aussi que la guerre en Ukraine « n’aura pas de conséquences très importantes sur nos exportations ». « Avec 2.000 hectolitres par an, la Russie est la 52e destination en volume et la soixantième destination en valeur pour les vins de Bordeaux, détaille le CIVB. À titre de comparaison, nous exportons 240.000 hectolitres par an vers les Etats-Unis, ou encore 19.000 hectolitres vers le Danemark, qui est notre quinzième destination. » Finalement, même l’Ukraine est devant la Russie, à la 40e position des exportations avec 4.000 hectolitres. « La Russie a été un marché davantage porteur il y a plus de quinze ans, mais aujourd’hui c’est tout petit. »

Toujours selon le CIVB, « aucune maison de négoce, ni aucun propriétaire du Bordelais, n’est suffisamment spécialisés dans le marché russe pour pâtir des conséquences du conflit. » Pas même les… cinq propriétaires russes de vignobles recensés dans le Bordelais. Une goutte d’eau parmi les 7.000 à 8.000 propriétés viticoles identifiées dans la région.

Finalement, c’est peut-être en Alsace que des répercussions pourraient se faire le plus ressentir. « C’est notre 15e marché export mais on était sur une croissance constante depuis 2015 et de +30 % en 2021 », relève Foulques Aulagnon. Le responsable du marketing export au Conseil interprofessionnel des Vins d’Alsace (Civa) parle-là d’une destination qui avait permis d’écouler 3.700 hectolitres, principalement « du crémant, des grands crus et des cuvées spéciales ».

Toujours selon le CIVB, « aucune maison de négoce, ni aucun propriétaire du Bordelais, n’est suffisamment spécialisés dans le marché russe pour pâtir des conséquences du conflit. » Pas même les… cinq propriétaires russes de vignobles recensés dans le Bordelais. Une goutte d’eau parmi les 7.000 à 8.000 propriétés viticoles identifiées dans la région.

Finalement, c’est peut-être en Alsace que des répercussions pourraient se faire le plus ressentir. « C’est notre 15e marché export mais on était sur une croissance constante depuis 2015 et de +30 % en 2021 », relève Foulques Aulagnon. Le responsable du marketing export au Conseil interprofessionnel des Vins d’Alsace (Civa) parle-là d’une destination qui avait permis d’écouler 3.700 hectolitres, principalement « du crémant, des grands crus et des cuvées spéciales ».

Alsace
Toujours selon le CIVB, « aucune maison de négoce, ni aucun propriétaire du Bordelais, n’est suffisamment spécialisés dans le marché russe pour pâtir des conséquences du conflit. » Pas même les… cinq propriétaires russes de vignobles recensés dans le Bordelais. Une goutte d’eau parmi les 7.000 à 8.000 propriétés viticoles identifiées dans la région.

Finalement, c’est peut-être en Alsace que des répercussions pourraient se faire le plus ressentir. « C’est notre 15e marché export mais on était sur une croissance constante depuis 2015 et de +30 % en 2021 », relève Foulques Aulagnon. Le responsable du marketing export au Conseil interprofessionnel des Vins d’Alsace (Civa) parle-là d’une destination qui avait permis d’écouler 3.700 hectolitres, principalement « du crémant, des grands crus et des cuvées spéciales ».

Vins
Toujours selon le CIVB, « aucune maison de négoce, ni aucun propriétaire du Bordelais, n’est suffisamment spécialisés dans le marché russe pour pâtir des conséquences du conflit. » Pas même les… cinq propriétaires russes de vignobles recensés dans le Bordelais. Une goutte d’eau parmi les 7.000 à 8.000 propriétés viticoles identifiées dans la région.

Finalement, c’est peut-être en Alsace que des répercussions pourraient se faire le plus ressentir. « C’est notre 15e marché export mais on était sur une croissance constante depuis 2015 et de +30 % en 2021 », relève Foulques Aulagnon. Le responsable du marketing export au Conseil interprofessionnel des Vins d’Alsace (Civa) parle-là d’une destination qui avait permis d’écouler 3.700 hectolitres, principalement « du crémant, des grands crus et des cuvées spéciales ».

Aujourd’hui, comme partout ailleurs, les palettes sont assemblées mais ne partent plus. Les producteurs ont peur de ne pas être payés ou que les marchandises n’arrivent pas à destination. « C’était un marché avec un potentiel de développement important et où nos produits correspondaient aux tendances de consommation… En plus, s’établir quelque part est toujours long, reprend-il. Avec l’envolée prochaine de certains prix, pas sûr que les gens soient toujours prêts, après, à nous acheter ». Que ce soit en Russie, en Ukraine ou ailleurs.