Assurance chômage : L’Unédic s’attend à un excédent de 2,2 milliards d’euros en 2022

CAGNOTTE L’organisme paritaire, qui gère le régime d’assurance chômage, indique que ce retour dans le vert se « prolongerait en 2023 (+4,1 milliards) et en 2024 (+5,4 milliards) »

20 Minutes avec AFP
Une agence Pôle emploi à Nice.
Une agence Pôle emploi à Nice. — SYSPEO/SIPA

Le pactole à venir de l’Unédic va finalement être bien plus gros que prévu. L’association qui gère le régime d’ assurance chômage a annoncé jeudi prévoir un excédent de 2,2 milliards d’euros en 2022. C’est une révision à la hausse plus que conséquente par rapport aux précédentes prévisions en octobre (+1,5 milliard).

L’organisme paritaire, qui présentait ses prévisions financières pour le régime d’assurance chômage à l’horizon 2024, indique dans un communiqué que ce retour à l’excédent en 2022 se « prolongerait en 2023 (+4,1 milliards) et en 2024 (+5,4 milliards) ». La dette qui « atteint 63,9 milliards d’euros en 2021, dont 19,2 milliards du fait des mesures d’urgence en 2020 et 2021 » face à la crise du Covid-19, devrait être ramenée à 61,7 milliards en fin d’année 2022, puis 57,6 en 2023 et 52,2 en 2024.

Plus de 14 ans sans excédents

Le directeur général de l’Unédic, Christophe Valentie, a pour sa part évoqué un « fort rebond » pour 2022 par rapport aux prévisions précédentes, soulignant que la dernière fois que le régime avait été en excédent remontait à « entre 2006 et 2008 ». Côté emploi, l’Unédic prévoit en outre, après des volumes « exceptionnels » en 2021 (+648.000), des créations d’emploi plus « modérées » : « 41.000 emplois en 2022, 57.000 emplois en 2023 et 61.000 en 2024 ». En octobre, il anticipait la création de 23.000 emplois en 2022 et 96.000 en 2023.

Après plusieurs exercices bousculés par la crise liée au Covid-19, les responsables de l’organisme ont évoqué des prévisions « un peu plus classiques ». La présidente de l’Unédic, Patricia Ferrand (CFDT), a ainsi souligné que le retour aux excédents était « confirmé » au « regard de la conjoncture économique mais aussi de la réforme d’assurance chômage », pleinement en vigueur depuis décembre. Mais, a-t-elle relevé, la dette « reste à un niveau extrêmement élevé » et les partenaires sociaux seront « attentifs » à la gestion de cette dette et à « ce qui relève de la dette Covid ».

L’impact de la réforme pas encore évalué

L’organisme n’a par contre pas révisé ses prévisions en ce qui concerne l’impact de la réforme de l’assurance chômage. Selon ses calculs, celle-ci devrait engendrer des dépenses réduites d’environ 1,9 milliard en 2022, dont 800 millions liés au nouveau calcul du salaire journalier de référence (SJR), base de l’allocation. Les moindres dépenses atteindraient 2,2 milliards en 2023. Pour évaluer l’impact des changements de comportements induits par la réforme, qui pénalise l’indemnisation des demandeurs d’emploi alternant périodes de travail et d’inactivité, « il faut quelques mois de recul », a souligné Christophe Valentie.