La mobilisation massive se cherche un avenir

Angeline Benoit

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Environ 1,2 million de personnes ont défilé pour le 1er Mai vendredi, selon la CGT, et 456 000 d'après la police. Une mobilisation historique pour la Fête du travail, proche des manifestations anti-Le Pen en 2002. Toutefois, elle restait loin du record de trois millions atteint le 19 mars, alors que les syndicats ont marché ensemble pour la première fois (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC, FSU, Solidaires - dont SUD - et Unsa). Les syndicats ont compté 160 000 personnes à Paris, 30 000 à Toulouse, 50 000 à Bordeaux, 35 000 à Marseille, 30 000 à Grenoble, 25 000 à Nantes, 20 000 à Nancy et Caen, 15 000 à Lyon ainsi que 10 000 à Rennes et Rouen.

Dans beaucoup de villes, les salariés directement touchés par la crise occupaient les premiers rangs : Molex à Toulouse, Continental à Compiègne (Oise) ou Caterpillar à Grenoble. Ailleurs, les mots d'ordre étaient nombreux et disparates, les cortèges rassemblant des opposants à plusieurs réformes (hôpital, éducation, téléchargement illégal...) et des milliers de personnes et de familles qui n'affichaient pas de revendication particulière. Seul le président de la République semblait susciter un véritable consensus, de nombreux messages s'adressant à lui : autocollants « Casse-toi pov'con », cagoules ou pancartes humoristiques anti-Sarkozy.

Le front syndical doit se réunir cet après-midi pour décider de la suite à donner au mouvement. Si FO, soutenu par Solidaires (SUD), est favorable à vingt-quatre heures de grève générale pour « monter d'un cran », la CFDT est réticente. Son leader, François Chérèque, se montrait toutefois optimiste vendredi. « Ce qui change aujourd'hui, c'est que, malgré nos différences, à chaque fois on trouve une solution entre les organisations syndicales. » W