Les «Conti» à Bercy: une réunion pour en fixer une autre

SOCIAL Les salariés devraient de nouveau rencontrer prochainement les dirigeants allemands, avec ils négocieront désormais...

Avec agence
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 Des salariés de Continental devant Bercy le 29 avril 2004.
 Des salariés de Continental devant Bercy le 29 avril 2004. — AFP/PATRICK KOVARIK

Représentants du gouvernement, de la direction de Continental et des salariés se sont réunis ce mercredi à Paris pour discuter de l'avenir des 1.120 salariés du site de Clairoix (Oise), dont la fermeture courant 2010 a été encore confirmée par le PDG allemand du groupe.

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La réunion s'est achevée sur la perspective d'une prochaine réunion avec les dirigeants allemands, ont annoncé les syndicats. Le représentant de l'Etat «a accédé à notre demande de changer d'interlocuteur, à savoir de parler avec les dirigeants allemands de Continental», a déclaré aux salariés rassemblés devant Bercy Didier Bernard (CGT) au nom d'une intersyndicale.

«On n'a jamais eu confiance en la direction française»

«Aujourd'hui ce n'était pas vraiment une (réunion) tripartite, il n'y a pas eu de négociations mais cela a jeté les fondations d'une vraie réunion tripartite entre Etat, direction allemande et salariés», a-t-il fait valoir sous les acclamations de plusieurs centaines de salariés.

Il n'y a pas de date avancée pour cette prochaine réunion, mais ce doit être «très rapidement, si possible la semaine prochaine», selon le délégué. «On n'a jamais eu confiance en la direction française, aujourd'hui j'espère qu'on nous a pris au sérieux», a ajouté Didier Bernard après ce rendez-vous qui a duré près de trois heures.

Des centaines de «Conti» regroupés près du ministère

A l'issue d'une heure de discussion environ, le délégué CGT Xavier Mathieu était venu s'adresser aux centaines de «Conti» qui s'étaient regroupés à proximité du ministère de l'Economie et des Finances, aux abords bloqués par les forces de l'ordre.

«La première partie a été chaude (...) l'Etat a essayé de se défiler en disant qu'il était un simple médiateur», a déclaré au micro le syndicaliste. «Nous avons dit à l'Etat que les trois "guignols" qu'on a en face, on ne les veut plus», a poursuivi Xavier Mathieu, en visant le directeur de Continental France, celui de l'usine de Clairoix ainsi que le directeur des ressources humaines, tous présents à la réunion.

L'abandon des poursuites «inenvisageable»

«Nous avons aussi clairement dit que les 1.120 salariés de Clairoix n'accepteraient jamais aucune signature au bas d'un accord, si les procédures (pénales) envers sept de nos camarades n'étaient pas retirées. Je crois qu'ils ont compris», a déclaré Xavier Mathieu.

Le secrétaire d'Etat à l'Industrie, Luc Chatel, a pourtant déclaré ce mercredi à l'AFP que l'abandon des poursuites après le saccage de la sous-préfecture de Compiègne (Oise) par des salariés de Continental était «inenvisageable».

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