Cinq milliards d'euros de nouvelles pertes pour la Société Générale?

FINANCES Le quotidien «Libération» fait état de mirifiques investissements hasardeux ce lundi matin. La banque dément...

Avec agence

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A la Société Générale, les salariés actionnaires ont largement tiré profit de la croissance du titre, multipliant par cinq leur mise, de novembre 1998 à mai 2007 (contre 1,6 pour le CAC 40 sur la même période). Mais depuis le début de l'année, l'action a dévissé, perdant 53% de sa valeur, dont 32% depuis le début de la crise financière.
A la Société Générale, les salariés actionnaires ont largement tiré profit de la croissance du titre, multipliant par cinq leur mise, de novembre 1998 à mai 2007 (contre 1,6 pour le CAC 40 sur la même période). Mais depuis le début de l'année, l'action a dévissé, perdant 53% de sa valeur, dont 32% depuis le début de la crise financière. — Jean Ayissi AFP/Archives

Les affres de la Société Générale, tome 3? Après l’affaire Kerviel, et celle des stock-options de plusieurs dirigeants, dont l’ancien président Daniel Bouton, la banque rouge et noire se retrouve une nouvelle fois au cœur du scandale.

«En toute discrétion et bien caché dans les annexes de ses comptes, un autre fiasco de quelque 5 milliards d’euros est reconnu par la banque», après le cas Kerviel, qui avait déjà coûté 4,9 milliards de pertes en 2007, écrit «Libération». Le quotidien ajoute que «même si, jusqu’à aujourd’hui, la banque n’a enregistré ‘‘que’’ 1,2 milliard d’euros de pertes, la facture finale pourrait atteindre les 10 milliards».

La banque a réagi dans une déclaration écrite. «La Société Générale dément formellement les affirmations de «Libération» publiées ce jour». Elle affirme que le quotidien «fait la confusion entre des pertes et le montant d'actifs transférés en 2008 des OPCVM de SGAM (sa filiale de gestion d'actifs, ndlr) vers Société Générale». Elle ajoute que «les pertes de SGAM au titre de l'exercice 2008 se sont élevées à 258 millions d'euros après impôt», comme indiqué lors de la publication de ces résultats en février, et sont «sans aucun rapport avec ce que prétend» le journal.

La SGAM Alternative Investments (AI), un département qui joue avec les plaques

«Libération» explique néanmoins avoir interrogé la banque, qui «ne dément aucun de ces faits édifiants». Et ajoute: «Elle s’est empressée de demander le départ de nouveaux responsables». Il explique que cette «perte colossale» est le fait d'«un département tout entier de la filiale en charge de la gestion d’actifs», appelé SGAM Alternative Investments (AI). Ce département «a été laissé libre de spéculer» et a multiplié «par le passé les investissements hasardeux dans ce qu’on appelle des ‘‘produits structurés’’», des produits financiers complexes.

Si «à ce jour, personne n'est accusé d'un quelconque délit», les patrons de la Société générale, Daniel Bouton, le président, et Frédéric Oudéa, le directeur général, ont «donné des ordres pour faire le ménage» dans cette filiale, dont «les principaux responsables ont été poussés discrètement au départ ou sont sur le point de l’être».

Un plan social en perspective

Profitant «de sa large indépendance» au sein de la banque, «deux personnes avaient la mainmise sur le département: Philippe Collas, un proche de Daniel Bouton, directeur général adjoint de la Société générale et patron de l’ensemble de la gestion d’actifs, ainsi que Philippe Brosse, le dirigeant opérationnel de Sgam AI».

«L’entité Sgam va être démantelée et une partie vendue au Crédit agricole. Plusieurs centaines de personnes pourraient être licenciées lors d’un plan social qui sera lancé d’ici quelques mois», poursuit le journal. Dans son démenti écrit, la Société Générale n'aborde pas ce point.

Fin janvier, le Crédit Agricole et la SocGen avaient annoncé la création d'une coentreprise dans la gestion d'actifs, détenue à 70% par la première et à 30% par la seconde.