Bretagne : Avec ce distributeur en vrac, ça ne coûte plus une patte d’acheter ses croquettes

INNOVATION À Lamballe, en Bretagne, l’entreprise Asserva a mis au point un concept de produits en vrac disponibles 24 h/24 et 7 j/7

Camille Allain
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En Bretagne, un distributeur de croquettes en vrac a été installé sur le parking d'un centre Leclerc à Lamballe.
En Bretagne, un distributeur de croquettes en vrac a été installé sur le parking d'un centre Leclerc à Lamballe. — Asserva
  • Un distributeur en vrac de croquettes pour chiens, chats et poules a été installé sur le parking d’un supermarché à Lamballe.
  • L’entreprise Asserva, qui le commercialise, espère inciter les particuliers à venir avec leur emballage en proposant des produits jusqu’à 25 % moins chers.
  • La société des Côtes-d’Armor est très sollicitée par des clients qui souhaiteraient proposer une large gamme de produits en vrac, notamment pour le BTP (sable, graviers…).

L’imposant caisson occupe une place de parking du supermarché depuis la fin novembre. Sur ses flancs, les couleurs rouge et bleu attirent le regard des clients. Ce message aussi : « Le vrac, c’est moins cher qu’en sac ». À Lamballe, dans les Côtes-d’Armor, un distributeur de croquettes pour animaux a été installé sur le parking du supermarché Leclerc. Les clients peuvent venir acheter la nourriture pour leurs chiens, leurs chats ou leurs poules, 24 h/24 et 7j/7. Une première en France, selon son fabricant. Le seul impératif pour les acheteurs : qu’ils apportent leur sac ou leur boîte pour réceptionner les croquettes. En retour, ces derniers peuvent acheter le produit presque 25 % moins cher qu’en magasin.

L’idée de ce distributeur a germé dans l’esprit des dirigeants d’Asserva il y a plusieurs années. Cette entreprise de Lamballe spécialisée dans l’automatisation des bâtiments d’élevages porcins est une précurseure du vrac. Problème : elle ne le gère que dans d’immenses silos agricoles installés sur les fermes. « Le vrac, c’est notre quotidien en agriculture.  On travaille sans aucun emballage de l’industriel, qui produit la nourriture, jusqu’à l’animal », explique Frédéric Billon. Le responsable du développement industriel d’Asserva s’est penché sur la possibilité d’adapter cette solution au marché des particuliers. Pas simple de gérer les besoins quotidiens d’Oscar ou de Chaminou quand on est habitués à gérer des livraisons à la tonne dans des fermes. « Nous anticipons l’évolution de la législation. Bientôt, les particuliers devront payer pour les déchets qu’ils produisent. Le vrac, c’est un marché en pleine croissance », reconnaît Frédéric Billon. Lui fait la promotion du « vrai » zéro déchet. Et non pas du déconditionnement, qui consiste à proposer en vrac des produits ôtés de leur emballage.



Installé depuis la fin novembre, le distributeur automatique trouve doucement ses marques. Il y a quelques années, Asserva avait déjà tenté le coup avec un distributeur de pellets pour les poêles à bois sur le même parking. « Ça n’avait pas très bien marché parce que ce n’était pas moins cher qu’en magasin », explique le directeur du centre commercial Leclerc. Pour Franck Pringault, l’un des seuls moyens d’attirer les clients vers le vrac, c’est de le proposer à plus petit prix. « Avec les croquettes, c’est vraiment moins cher (entre 18 et 25 % de moins qu’en rayon) donc ça attire. Et ça répond aussi à une demande de certains consommateurs de limiter leurs emballages et d’avoir accès tous les jours, même quand le magasin est fermé », témoigne le directeur du Leclerc. La nourriture animale est produite sous la marque Excellians, produit « premium » de l’entreprise Sopral, installée à Pléchatel, au sud de Rennes.

Pour développer son concept baptisé Vraco, l’entreprise Asserva mise sur sa promesse du « zéro emballage », depuis les silos du fabricant de croquettes Sopral jusqu’au conteneur posé sur le parking du centre commercial. Une promesse que l’entreprise développe avec de multiples produits : « Nous avons énormément d’appels. Nous avons déjà engagé des discussions sur l’univers du jardin, du bricolage. Certains souhaitent y mettre du liquide. On ne va pas s’arrêter à la distribution de croquettes », promet le responsable du développement industriel d’Asserva. Le prix du caisson, installation comprise, est évalué à environ 40.000 €.

Deux distributeurs seront prochainement installés devant un Intermarché de Pontivy (Morbihan) et un fabricant de poêles à bois à Hillion (Côtes-d’Armor). Et d’autres viendront bientôt.