Après la perte de contrats avec Orange, 1.800 emplois menacés chez Scopelec

SOCIAL L’entreprise coopérative, dont le siège social se trouve dans le Tarn, a perdu des contrats avec Orange, son principal client

20 Minutes avec AFP
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Installation de la fibre. (Illustration)
Installation de la fibre. (Illustration) — ALLILI MOURAD/SIPA
  • Après la perte de contrats avec son principal client, Orange, Scopelec estime que 1.800 de ses salariés sont sous la menace d’un licenciement.
  • Orange a indiqué que l’équipementier avait perdu certains contrats en raison de manquements.
  • Bercy a expliqué que l’Etat allait accompagner le transfert des salariés vers les sociétés qui ont remporté les contrats.

Près de 1.800 salariés de l'équipementier Scopelec, une coopérative spécialisée dans le déploiement des équipements télécoms dont le siège social est dans le  Tarn, sont menacés de licenciements. Un risque social qui intervient après la perte de contrats avec  l'opérateur Orange​, son principal client.

« Aujourd’hui, c’est l’entreprise tout entière qui est menacée de mort » et son modèle de société coopérative, s’est inquiété Alain Tomas, le président du conseil de surveillance. Ce dernier en appelle aujourd’hui aux pouvoirs publics, afin de « se mettre autour d’une table pour trouver des solutions ».



Sollicité sur le sujet, Bercy a indiqué que le Comité interministériel de restructuration industrielle allait tout mettre en œuvre pour « transférer le maximum de salariés de Scopelec vers les nouveaux attributaires des contrats perdus par le groupe ». Le ministère de l’Economie explique aussi qu’il va se pencher sur l’avenir de la coopérative, et voir si elle « peut trouver un modèle rentable avec moins d’activité et moins de salariés, d’ici la fin février ».

Malgré la perte des contrats, Scopelec reste un partenaire majeur d’Orange

La perte de contrats de sous-traitance avec Orange est à l’origine d’une baisse de 40 % du chiffre d’affaires de Scopelec, estimé à 475 millions d’euros en 2021. Implantée sur plus de 90 sites en France, elle a environ 3.600 salariés et reste l’un des six partenaires « majeurs » d’Orange malgré la perte de ces contrats.

Début décembre, la présidente de la région Occitanie, Carole Delga, avait demandé au PDG d’Orange « de réétudier son engagement auprès de Scopelec pour préserver jusqu’à 1.800 emplois en France dont 500 en Occitanie ». L’opérateur avait expliqué qu’après « plusieurs avertissements ces dernières années, la qualité des prestations proposées par certains prestataires actuels, dont Scopelec qui a reçu plusieurs dizaines de mises en demeure en raison de manquements sur certains territoires, a conduit Orange à revoir l’attribution des zones confiées à chacun ».

Mutations chez les nouveaux prestataires

Les contrats perdus par Scopelec sont allés aux sociétés Solution 30 en Occitanie, Spie dans les Pays-de-la-Loire, Sade en Bourgogne-Franche-Comté, ainsi que Vinci et Constructel.

Sogetrel, spécialisé dans la fibre et les réseaux très haut débit, a perdu de son côté le marché d’Orange dans le Nord et les Pays-de-la-Loire, et gagné ceux dans le Sud et le Sud-Ouest à compter de fin mars.

Ses salariés ont entamé une grève lundi, pour protester contre les mutations imposées à 600 employés dans le Nord, en Haute-Marne, en Champagne-Ardennes, en Normandie et dans les Pays-de-la-Loire, a expliqué Teddy Stevance, représentant syndical au CSE. La direction souhaiterait envoyer une partie d’entre eux en Occitanie ou Aquitaine, menaçant de licenciement les réfractaires selon ce syndicaliste CGT.

La direction a indiqué à l’AFP qu’elle avait « instauré un dialogue social » dès novembre, et proposé des formations, une soixantaine de postes locaux, et plusieurs centaines de postes dans d’autres régions, sur lesquels « une centaine de collaborateurs se sont positionnés ».