Emploi : Pourquoi le secteur de la logistique et des transports recrute-t-il autant ?

Argent Soutenu depuis quelques années par l’essor fulgurant de l’e-commerce, le secteur logistique et du fret fonctionne à plein régime, nécessitant toujours plus de main-d’œuvre pour gérer, stocker et livrer les marchandises

Z.P. pour 20 Minutes
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Porté par l'internationalisation des échanges et l'e-commerce, le secteur de la logistique et des transports est un des plus gros pourvoyeurs d'emplois en France.
Porté par l'internationalisation des échanges et l'e-commerce, le secteur de la logistique et des transports est un des plus gros pourvoyeurs d'emplois en France. — iStock / City Presse

Près de 2 millions de Français travaillent aujourd’hui dans la logistique et les transports d’après les chiffres de Pôle emploi. Et pour cause, puisque ces deux activités, intimement liées, sous-tendent l’ensemble des secteurs économiques de notre société de consommation. Il faut en effet bien prendre en charge toutes les marchandises et les acheminer entre leur point de production, de stockage et jusqu’à leur livraison…

Entre essor et mutation

Le secteur de la logistique est sans conteste l’un des plus grands pourvoyeurs d’emplois en France. Si les effectifs du transport aérien et des activités de poste et de courrier baissent fortement depuis quelques années, l’ensemble de la branche connaît ainsi un essor important du fait de l’intensité croissante des échanges commerciaux internationaux mais aussi de l’avènement de l'  'e-commerce qui a démultiplié les besoins en stockage et en livraison. En 2017, une étude réalisée par Pôle emploi indiquait déjà que les transports terrestres et l’entreposage concentraient les trois quarts de l’emploi salarié du secteur, avec un dynamisme accru. Or, l’engouement n’est pas près de s’essouffler puisque la pandémie a plus que jamais boosté les achats en ligne, dopant du même coup la demande en espaces logistiques, comme l’a souligné une enquête de 2020 de Savills, une entreprise spécialisée en immobilier commercial. À cette tendance à la hausse s’ajoute une nécessaire évolution technologique du secteur qui doit sans cesse améliorer ses outils de traçabilité, de stockage, de gestion des stocks et de distribution. Il faut donc non seulement recruter du personnel mais plus encore du personnel qualifié.

D’innombrables opportunités

Comme le définit si bien l’association France Supply Chain, un réseau de quelque 450 entreprises du secteur : « La logistique, c’est l’art et la manière de mettre à disposition un produit donné au bon moment, au bon endroit, au moindre coût et avec la meilleure qualité. » Dans le détail, ce sont alors plus de 150 métiers qui interviennent dans la gestion de cette chaîne. De la manutention aux conducteurs, en passant par les opérateurs de gestion exerçant au sein des entrepôts, sans oublier tous les postes de direction et de stratégie, le secteur est immense et très varié.
Si les opportunités sont donc innombrables, Pôle emploi a identifié 10 professions qui recrutent de façon particulièrement importante. Au sein des entrepôts, citons par exemple pêle-mêle le cariste, en charge de la gestion des stocks de marchandises, le préparateur de commandes, devant bien souvent manier un engin de manutention, ou encore le chef de quai logistique, qui coordonne les équipes d’acheminement des produits. De même, alors que le magasinier œuvre au chargement et déchargement des colis, l’inventoriste répertorie méticuleusement l’ensemble des articles d’un rayon ou d’un groupe de rayons. Quant à l’approvisionneur logistique, il collabore avec le service des achats afin d’assurer un flux continu des produits, tandis que le technicien logistique est amené à gérer la totalité de la chaîne logistique d’une entreprise depuis son approvisionnement jusqu’à ses expéditions. Enfin, n’oublions pas les postes de chauffeur routier et de chauffeur-livreur, qui passent leur temps au volant de leur véhicule pour assurer l’acheminement des marchandises, sachant que le transport routier est le principal recruteur du secteur.

Focus : des voies d'accès rapides

Face à une telle variété de métiers, tous les profils peuvent évidemment y trouver leur compte. Ceci étant dit, il est tout de même recommandé d'avoir au moins un bac +2 ou +3 en optant notamment pour un BTS ou un BUT (ex-DUT) qui restent les voies royales pour accéder aux différents postes de technicien. Pour prétendre à des fonctions d'encadrement et de management, mieux vaut en revanche décrocher un bac +5 en passant par un master universitaire, une école d'ingénieur ou encore une école de commerce proposant des spécialisations en logistique ou en transport.
Côté salaires, là aussi c'est le grand écart puisqu'un agent de transit commence en général sa carrière aux alentours de 25.000 € bruts annuels, tandis qu'un responsable d'exploitation affiche plutôt entre 38.000 et 42.000 € bruts de rémunération par an.