Emploi : Ce qu'il faut savoir sur le métier de vétérinaire

JOB Quelles sont les voies possibles afin d'exercer le métier de vos rêves auprès des animaux ?

Lauren Ricard pour 20 Minutes
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Dog undergoing surgery at vets
Dog undergoing surgery at vets — iStock/ City Presse

Depuis toujours, vous adorez les animaux, qu’ils soient à poils, à écailles ou à plumes. Et au fur et à mesure des années, cette passion s’est muée en vocation. C’est donc tout naturellement que vous souhaitez devenir  vétérinaire. Un métier qui demande douceur et compassion, mais qui exige aussi de se lancer dans des études scientifiques particulièrement difficiles et sélectives.

Avec moins de 20 % de candidats admis après deux à trois ans de prépa intensive, la filière est réputée encore plus élitiste que médecine. Les études vétérinaires françaises seraient d’ailleurs les plus longues et les plus dures d’Europe. Une tradition qui remonterait à Napoléon 1er, qui exigeait des vétérinaires de premier plan pour prendre soin des chevaux sur les champs de bataille. Néanmoins, si le chemin ressemble à un parcours du combattant, il ne faut pas baisser les bras.

L’admission post-bac, une nouveauté

Auparavant, l’entrée dans les écoles nationales vétérinaires (ou ENV) se faisait obligatoirement sur concours après au moins deux ans dans une classe préparatoire. Mais pour simplifier le processus d’admission, 160 places au total (40 par école) sont désormais proposées aux bacheliers généraux depuis 2021. Les candidatures se font sur la plateforme Parcoursup. Environ 700 candidats sur près de 6.000 sont présélectionnés sur dossier. Le concours prend ensuite la forme d’entretiens oraux d’une dizaine de minutes. Le cursus ne sera toutefois pas moins long pour les heureux élus, car ils devront effectuer une année de cycle préparatoire en interne, centrée sur les matières scientifiques (biologie, géologie, physique, chimie, mathématiques), avant d’entamer la formation de médecine vétérinaire proprement dite.

Pour avoir des chances d’être admis au concours, il est très vivement recommandé de choisir les enseignements de spécialité SVT (ou biologie-écologie en lycée agricole), physique-chimie et mathématiques en 1re, puis de conserver les SVT et la physique-chimie, avec l’option « mathématiques complémentaires » en Terminale.

La prépa quasi-incontournable

En dépit de la réforme, les classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) constituent toujours la voie d’accès majoritaire pour intégrer l’une des quatre écoles nationales vétérinaires. La grande majorité des places (320 pour l’année 2022) est réservée aux étudiants de la filière biologie-chimie-physique-sciences de la Terre, plus communément appelée BCPST-Véto, dont le rythme est particulièrement soutenu. Le concours est commun avec celui de plusieurs écoles d’ingénieur en agronomie, mais aussi des écoles nationales supérieures de chimie, ce qui laisse aux étudiants qui ne seraient pas admis dans les ENV d’autres possibilités d’études prestigieuses.

Une dizaine de places sont aussi disponibles pour les étudiants de prépa technologie et biologie (TB), qui ont effectué leur scolarité secondaire en lycée technologique. Enfin, quelques places sont également accessibles, toujours sur concours, aux élèves possédant au moins une licence 2 en sciences (biologie, sciences de la vie, chimie, etc.) ou un BUT (le successeur du DUT) en biologie. Quelle que soit la voie choisie – y compris la tentative post-bac – le concours aux ENV ne peut être présenté que deux fois.

Quatre écoles spécialisées

Dans l’Hexagone, quatre écoles nationales délivrent un diplôme d’État de docteur vétérinaire (DEV) à Alfort, Toulouse, Lyon et Nantes. Si elles sont toutes aussi excellentes les unes que les autres, certaines seront à privilégier en fonction de la spécialité souhaitée. La formation se déroule dans tous les cas sur 5 ans. Les trois premières années se partagent entre cours théoriques et pratiques portant sur l’anatomie, la pharmacologie, la physiologie, la zootechnie, la botanique ou encore l’alimentation. La quatrième année est, elle, consacrée à des stages dans différents services de centres hospitaliers vétérinaires et en clinique. Elle aboutit au diplôme d’études fondamentales vétérinaires (DEFV), qui permet d’exercer en tant qu’assistant et d’accéder à la cinquième année d’études.

Celle-ci est consacrée à l’approfondissement des connaissances dans un secteur professionnel : animaux de compagnie, animaux de production, santé publique vétérinaire, équidés, recherche ou industrie. Le cursus s’achève par la soutenance d’une thèse de doctorat vétérinaire. Le diplôme obtenu permet d’exercer en France, mais aussi dans toute l’Union Européenne​.

Les alternatives à l’étranger

Si intégrer une école vétérinaire est extrêmement ardu en France, il n’en est pas de même dans la plupart des autres pays où les formations, certes denses et très complètes, sont cependant moins sélectives et donc, moins difficiles d’accès. Voilà pourquoi de nombreux aspirants choisissent de s’expatrier. Vous pouvez présenter votre dossier pour entrer dans une université vétérinaire européenne dans plusieurs États, comme la Belgique, l’Espagne, la Roumanie, l’Italie, l’Allemagne, la Slovaquie ou le Portugal. Les cours peuvent être dispensés en français ou en anglais selon les établissements.

Seul impératif pour que votre diplôme soit ensuite valable en France : intégrer une formation reconnue par l’Association européenne des établissements d’enseignement vétérinaire (AEEEV). Attention toutefois, ces écoles sont souvent bien plus chères que les ENV, certaines coûtant près de 10.000 euros par an, contre 2.500 euros environ en France (gratuit pour les boursiers).

Une insertion professionnelle rapide

Une fois votre diplôme en poche, vous trouverez aisément du travail. En effet, s’il est tout à fait possible de créer votre propre clinique ou de vous associer avec d’autres professionnels déjà établis pour prendre soin des animaux de compagnie des particuliers, il existe aussi d’autres facettes de ce métier. Vous pouvez notamment vous occuper d’animaux d’élevage en zone rurale ou d’animaux exotiques ou sauvages dans les réserves naturelles et parcs zoologiques. Le vétérinaire peut aussi travailler dans la recherche biomédicale, l’industrie agroalimentaire ou pharmaceutique pour animaux, les services d’hygiène, les programmes de conservation ou au sein de l’armée auprès des animaux militaires (chiens, chevaux). De ce fait, plus de 90 % des jeunes diplômés sont en poste un an après l’obtention de leur diplôme.