Sanofi cède son site de Strasbourg à Novalix

ENTREPRISE Le groupe pharmaceutique Sanofi a trouvé un repreneur pour son site de recherche et développement à Strasbourg, cédé ce jeudi à la société Novalix

G.V. avec AFP
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Le logo Sanofi (illustration).
Le logo Sanofi (illustration). — Clément Follain / 20 Minutes

Une décision qui laisse les salariés concernés amers. Le groupe pharmaceutique Sanofi a trouvé un repreneur pour son site de recherche et développement (R&D) en immuno-oncologie situé à Strasbourg. Il a cédé jeudi à la société Novalix. Le montant de la transaction n’a pas été communiqué.

De source syndicale, une quinzaine des 56 salariés en CDI de Sanofi Strasbourg rejoindra les équipes de Novalix et un nombre équivalent partira en préretraite. « La reprise du site est l’occasion pour Novalix d’accélérer son développement, de déployer de nouvelles capacités notamment en biologie et pharmacologie », a déclaré, via un communiqué, Stephan Jenn, le président fondateur de Novalix, une entreprise créée en 2002 à Strasbourg et qui compte 200 personnes.

Sur ce site strasbourgeois, Novalix prévoit d’implanter « son siège social et son centre scientifique principal ». La société souhaite également y développer d’autres activités consacrées à « l’innovation médicale et thérapeutique », en s’appuyant sur la cryo-microscopie électronique, une méthode d’observation des molécules couplée à l’imagerie 3D. « Nous avions à cœur de trouver un repreneur qui puisse s’inscrire dans la continuité d’activités de recherche biomédicale de très haut niveau et Novalix a répondu en tout point aux critères », a assuré Jacques Volckmann, responsable de la R&D France chez Sanofi.

« Il reste de l’amertume »

Cette vente s’inscrit dans le cadre de la restructuration annoncée par Sanofi en juin 2020. Le groupe indiquait alors vouloir supprimer un millier de postes en France sur trois ans, dont 364 en R&D, et fermer le site strasbourgeois. « L’annonce, il y a deux ans, de la fermeture du site, n’est pas quelque chose qui a été bien encaissé, mais les choses se sont déroulées de manière correcte », a déclaré Jean-Marc Remy, délégué CFDT et membre du CSE. « La plupart des salariés [strasbourgeois] sont en phase de trouver une solution pour la suite de leur carrière », a-t-il indiqué.

Selon lui, sur les 56 salariés en CDI du site, 15 ont accepté de rejoindre Novalix, au prix de baisses de salaires, « cinq à six » autres salariés quittent Strasbourg pour rester au sein du groupe Sanofi, et « une quinzaine de personnes » partiront en préretraite, accessible dès 56 ans. Des « discussions et aménagements demeurent » pour d’autres salariés. « Il reste de l’amertume, c’est évident. Nous avons bien compris que la stratégie de Sanofi est de réduire les frais fixes en France, et pour cela le groupe réduit les effectifs et transfère des activités vers les Etats-Unis, a souligné Jean-Marc Remy. On peut s’inquiéter sur l’avenir de la recherche pharmaceutique en France. Sanofi est-il encore un groupe français ? »