Coronavirus : Pas de justification pour des « vols à vide » dans l'UE, selon les aéroports

AERIEN L'association représentant les aéroports européens se dit consternée par la controverse

20 Minutes avec AFP
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Les compagnies aériennes n'ont aucune raison de faire voler des avions à vide en Europe pour conserver leurs créneaux aéroportuaires, a affirmé jeudi l'association représentant les aéroports du Vieux Continent.
Les compagnies aériennes n'ont aucune raison de faire voler des avions à vide en Europe pour conserver leurs créneaux aéroportuaires, a affirmé jeudi l'association représentant les aéroports du Vieux Continent. — Action Press/Shutterstock/SIPA

Lufthansa avait annoncé devoir faire 18.000 vols à vide pour conserver ses créneaux  dans les aéroports. L’association représentant les aéroports européens a répondu ce jeudi, expliquant que les compagnies aériennes n’ont aucune raison de faire voler des avions à vide  en Europe pour conserver leurs créneaux. L’association a dit sa « consternation » face à cette controverse.

Les compagnies aériennes peuvent bénéficier d’exemptions et « sont très bien protégées contre les incertitudes actuelles », notamment la vague du variant Omicron du Covid-19 qui a mis un coup de frein aux réservations, a souligné ACI Europe dans un communiqué.

Des règles rendues inapplicables par la pandémie

En temps normal, les règles européennes prévoient que les compagnies doivent utiliser au moins 80 % des créneaux de décollage et d’atterrissage qui leur sont attribués dans les aéroports, sans quoi elles perdent leurs droits la saison suivante.

Ces règles ont été rendues inapplicables par la crise sanitaire qui a provoqué l’effondrement du trafic aérien depuis mars 2020, conduisant Bruxelles à les suspendre. Depuis le 28 mars 2021, les compagnies sont tenues d’utiliser 50 % de leurs créneaux de décollage et d’atterrissage pour pouvoir les conserver, mais ce niveau est jugé excessif par le secteur aérien, encore convalescent.

Bataille sur les créneaux

Le PDG du groupe Lufthansa Carsten Spohr a averti le 23 décembre qu’il serait contraint d’effectuer « 18.000 vols inutiles » durant l’hiver « uniquement pour conserver ses droits de décollage et d’atterrissage ». « Malgré nos demandes pressantes pour plus de flexibilité, l’UE a approuvé une règle d’utilisation de 50 % (…) clairement irréaliste », a déclaré pour sa part mercredi à l’AFP un porte-parole de l’Association du transport aérien international (Iata), qui représente la grande majorité des compagnies.

Les organisations d’aéroports ont déjà eu ces derniers mois des échanges acerbes et publics avec l’Iata, notamment au sujet des redevances touchées par les aéroports de la part des compagnies pour chaque décollage et atterrissage, dans un contexte de finances asséchées pour l’ensemble du secteur.

Un « scénario de fin du monde (…) sans lien avec la réalité »

L’organisation a dit jeudi sa « consternation au sujet de l’escalade des déclarations » politiques et du secteur sur ce thème des « vols à vide » qui pour elle laissent entrevoir un « scénario de fin du monde (…) sans lien avec la réalité ». ACI Europe a ajouté soutenir la position de la Commission européenne et rappelé que les compagnies pouvaient conserver leurs créneaux en faisant invoquer par leur régulateur national la clause de « non-utilisation justifiée des créneaux ».

Celle-ci « couvre non seulement les interdictions de voyager pures et simples, mais aussi des restrictions de mouvement, des mesures de quarantaine ou d’isolement qui affectent la viabilité ou la possibilité de voyager, ou la demande sur certaines liaisons », selon l’organisation.