Les « Cater » envoient valser Bercy

— 

La reprise du travail, hier matin, n'aura pas duré longtemps chez Caterpillar. Quelque 200 salariés, furieux des conditions de l'accord de fin de conflit signé dimanche à Paris avec la direction du constructeur américain d'engins de chantier en Isère, ont interrompu en début d'après-midi une assemblée générale des syndicats, a rapporté l'AFP. Ils se sont ensuite rendus à la direction départementale du travail afin de bloquer les négociations qui se poursuivaient sur certains points du plan social.

L'AG perturbée a finalement repris dans l'après-midi sur le site de Grenoble, dans une atmosphère de défiance et de débordement des syndicats par la base. « Il y a trop d'avis divergents », a déclaré l'un de ces salariés en colère, augurant mal de l'adoption par référendum salarial de ce plan, prévue d'ici à demain. Cet accord, censé mettre fin à deux mois de conflit marqués par la séquestration de quatre cadres, prévoit que la direction s'engage à assurer la pérennité des sites de Grenoble et d'Echirolles. Il confirme que le nombre de suppressions de postes est ramené de 733 à 600. « Insuffisant », a estimé hier Pierre Piccarreta, de la CGT, précisant que les négociations achoppaient notamment sur l'accompagnement des ouvriers licenciés. « Maintenant, c'est nous, les ouvriers, qui décidons, ce ne sont plus les délégués » syndicaux, a déclaré Jamel Kheddache, l'un des manifestants, alors que la foule chantait « Aux armes, nous sommes les salariés, nous sommes en colère, on va gagner, et "Cater" va devoir payer. »

Interrogé hier, le secrétaire d'Etat à l'Industrie, Luc Chatel, a estimé que l'engagement de Nicolas Sarkozy de « sauver » les sites isérois de Caterpillar serait « tenu ». Le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, a considéré quant à lui sur France Inter que la nécessité d'une intervention de l'Etat dans ce conflit révélait « un vrai problème de dialogue social » : « Je souhaite qu'on soit dans une sortie de crise. Mais la question, c'est pourquoi on doit en arriver à de tels débordements. » W