Un accord chez Toyota, levée du blocage

CONFLIT SOCIAL Les salariés en grève à l'usine d'Onnaing ont levé ce lundi le blocage du site en vigueur depuis jeudi soir après la signature d'un accord entre syndicats et direction sur l'indemnisation du chômage partiel et le paiement des jours de grève...

Avec agence

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Des salariés de Toyota protestent contre leur direction devant le site d'Onnaing, près de Valenciennes, le 17 avril 2009.
Des salariés de Toyota protestent contre leur direction devant le site d'Onnaing, près de Valenciennes, le 17 avril 2009. — REUTERS/Pascal Rossignol

«C'est la première grève chez Toyota Onnaing, et c'est notre première victoire». Eric Pecqueur, délégué CGT, était soulagé à l'issue d'âpres négociations.

La situation se débloque sur le site nordiste. La levée des piquets de grève était un préalable pour la direction à la suspension des assignations en justice d'une dizaine de salariés grévistes. Leur comparution lundi après-midi devant le tribunal correctionnel de Valenciennes devait donc désormais être annulée. Tous les accès routiers à l'usine ont été dégagés vers 14 heures après que les représentants syndicaux eurent annoncé aux grévistes réunis aux abords des piquets de grève que leurs revendications avaient été satisfaites.

Selon les syndicats et la direction, l'accord prévoit l'indemnisation du chômage partiel à 75% du salaire brut, soit plus de 90% du salaire net, pendant six mois. Ce dispositif, rétroactif au 1er février, devrait être reconduit jusqu'à la fin de l'année grâce à une nouvelle convention signée avec l'Etat.

«Aucune sanction, ni licenciement, ni mutations disciplinaires»

«On est satisfait, on n'a pas obtenu 100% de salaire pour le chômage partiel, mais c'est tout comme», confiait Samuel Mayne, ouvrier chez Toyota depuis 2001. L'accord prévoit également l'étalement des retenues sur salaire au titre des jours de grève, à raison d'une journée de grève par mois, alors que les syndicats demandaient le paiement d'au moins la moitié des jours de grève.

La direction s'engage par ailleurs «à ce qu'il n'y ait aucune sanction, ni licenciement, ni mutations disciplinaires», selon une porte-parole du constructeur. Les grévistes réclamaient l'indemnisation à 100% des journées de chômage partiel (contre 60% actuellement) imposées depuis septembre en raison d'une baisse d'activité due à la crise du marché automobile et à la grève des salariés de l'équipementier Faurecia à Auchel (Nord) en mars.

Les négociations se poursuivent

«La levée des barrages ne veut pas dire la fin de la grève», a toutefois prévenu Eric Pecqueur, d'autres revendications syndicales restant à discuter, notamment sur le statut et les conditions de travail des intérimaires et des CDD.

Ouverte en 2001, l'usine d'Onnaing, près de Valenciennes, emploie 3.250 personnes, dont 2.700 ouvriers, qui produisent en temps normal quelque 900 Yaris par jour. La grève, lancée il y a deux semaines à l'appel de la CGT et de FO, a entraîné une perte de production de 3.300 véhicules, selon Toyota, qui précise que cette production sera rattrapée.