Grève SCNF : « C’est comme ça chaque année depuis quarante ans »... La résignation gagne les voyageurs à Marseille

TRANSPORTS En ce vendredi de départ en vacances, malgré la levée de la grève, le trafic était perturbé à la gare Saint-Charles, provoquant de nombreux retards de train pour des voyageurs désabusés

Juliette Matilla
Des voyageurs devant la gare Saint-Charles de Marseille
Des voyageurs devant la gare Saint-Charles de Marseille — SOPA Images/SIPA
  • Ce vendredi, à la gare Saint-Charles de Marseille, le trafic est perturbé.
  • La grève a bien été levée dans la soirée, mais trop tardivement pour ne pas avoir de conséquences sur les lignes.
  • Avant un retour à la normale prévue ce samedi, les voyageurs oscillent entre colère et résignation.

« Enfin ! Il était temps ». La foule soupire et se presse sur le quai G de la gare ​de  Marseille Saint-Charles en ce vendredi de départ de  vacances. Le haut-parleur vient d’annoncer la mise en circulation d’un TGV à destination de Paris. Il est 11h30 et Camille, levée depuis 6 heures tapantes, se plaint d'avoir déjà raté trois réunions. « On nous a dit que le train arrivait, puis finalement non, puis qu’il y avait un changement de voie de dernière minute, je suis crevée ! », s’agace cette trentenaire.

Comme elle, une centaine de voyageurs patientent. L’appel à la grève prévue initialement pour ce week-end, a bel et bien été levé, mais trop tard pour éviter des perturbations ce vendredi dans le Sud-Est de la France. Selon les prévisions, seul un TGV sur deux circule sur les grands axes. « J’étais même pas au courant de cette grève », avoue Lucas. « Toute une journée perdue et aucune organisation ! », marmonne Virgil.

« On fait avec… »

Dans le hall de la gare Saint-Charles, Lola, affalée sur sa valise, s’est préparée à passer la journée, s’il le faut, à attendre le prochain train pour Lyon, qu’elle n’est pas sûre de voir partir. « Je suis chargée, confie la jeune étudiante lyonnaise, résignée. Je ne me sens pas de prendre un bus. Tant pis, je patiente ». « C’est comme ça chaque année depuis quarante ans, tempête son voisin Stéphane, en attente d’un train pour Nice. On fait avec…» 

« Après je comprends, concède Lola. Si la grève tombait à un autre moment, le cri de colère des cheminots résonnerait dans le vide ». Un sentiment que ne partagent pas tous les voyageurs en ce vendredi matin. « C’est un caprice, s’insurge Annie qui attend ses petits-enfants depuis une heure. Les enfants ont dû sécher l’école ce matin pour être sûr de pouvoir partir ! » « Cette grève comme toutes les autres ne changera rien, raille Virginie. L’Etat n’est pas touché. Ce n’est pas lui qui part en vacances. De toute manière on partira, que ce soit en bus ou la semaine prochaine ! »

« C'est bon, il est là ? »

Le silence au sein de la gare est régulièrement brisé par le bip des téléphones. « C’est bon, il est là ? », soupire la compagne de Marc à l’autre bout du film. « Ma famille m'attend, explique-t-il. Je voulais faire la surprise à mes enfants d’aller les chercher à l’école mais je crois que c’est raté. »

A l’extérieur, un groupe de jeunes sportifs parisiens, en visite pour un tournoi à Marseille, profite des rayons du soleil qui baignent le parvis de la gare. « On attend ça nous embête mais bon on est à Marseille il fait beau, Paris peut attendre ! », rigole l’un d’eux. Le retour à la normale est prévu dès ce samedi.