Marseille : Entre grève des éboueurs, manifestations et Covid-19, l’esprit de Noël n’y est pas pour les commerçants

COMMERCES Déjà échaudés par les manifestations à répétition les samedis et le coronavirus, les commerçants marseillais font désormais face à la grève des éboueurs en cette période cruciale pour eux

Alexandre Vella et Juliette Matilla
— 
Rue Saint-Ferréol, à l'époque des vrais ruchs de Noël
Rue Saint-Ferréol, à l'époque des vrais ruchs de Noël — SERGE PAGANO / AFP
  • La période Noël est essentielle pour les commerçants du centre de Marseille.
  • Ceux-ci regrettent la grève des éboueurs venue d’ajouter à la situation sanitaire et aux nombreux samedis perturbés par les manifestations.
  • Pourtant, le cœur de ville, qui a fait l’objet de rénovations, connaissait un dynamisme nouveau.

Esprit de Noël es-tu là ? Dans les rues  commerçantes du centre de  Marseille, les boutiquiers tentent de garder le sourire. « C’est important pour les clients », lance Monique, responsable d’un magasin d’accessoires de la rue Saint-Ferréol.

Pour autant la période que traversent les commerçants n’est pas des plus simple. « De base, avec le Covid-19, la période est compliquée pour tout le monde », avance Nicole Verspieren, vice-présidente commerce de la CPME 13 (Confédération des petites et moyennes entreprises) qui tient une boutique de vins et spiritueux à deux pas du Vieux-Port. « Désormais, il y a des manifestations tous les samedis après-midi et ça nous fout la demi-journée en l’air. Avant c’était nos meilleures journées, à présent ce sont les vendredis », note-t-elle.  « Et pour finir, on a  la grève des éboueurs », s’agace-t-elle.

« Il faut bien mettre des cadeaux sous le sapin »

Guillaume Sicard, président de l’association de commerçants Marseille-centre qui fédère 600 établissements, relativise. « La métropole fait des efforts pour garder le cœur de ville assez propre. Ensuite, ça reste une période de Noël, ça travaille, il faut bien mettre des cadeaux sous le sapin. »

Mais reste que ces embûches à répétition « sont décourageantes », ajoute Nicole Verspieren. Avec « les rénovations des rues du centre, des façades d’immeubles et l’installation de jeunes avec de nouveaux concepts », le centre-ville semblait être sur la bonne voie. « Il y a eu beaucoup d’avancées positives, et le centre-ville renaissait de ces cendres », va jusqu’à dire la vice-présidente commerce de la CPME 13. « C’est d’autant plus dommage », constate-t-elle.

« Les Marseillais préfèrent se déplacer à Aix »

Sans verser toutefois dans le catastrophisme. « Nous ne sommes pas à plaindre », poursuit Monique qui note cependant « une dégradation de la situation ». La commerçante déplore également l’insécurité et une recrudescence des vols et la grève des éboueurs n’a pas arrangé les affaires après les manifestations anti-pass « qui ont contraint à tirer les rideaux pendant durant deux, trois heures ».

Tout cela est loin de décourager Sandra, venue réaliser ses premières emplettes sur son temps de pause. « Je préfère me déplacer pour venir faire mes achats de Noël, j’aime être dans l’ambiance des fêtes. » La jeune femme, également commerçante, tient à garnir les pieds de son sapin avec des idées de cadeaux qu’elle trouve sur place, satisfaite de l’offre des commerces de sa ville. Mais comme commerçante, elle souligne : « les Marseillais préfèrent se déplacer à Aix, c’est plus calme ».