Gard : Objet d’une forte contestation, Amazon ne s’installera pas à Fournès

E-COMMERCE Le géant américain devait s’installer dans un bâtiment de 38.000 m2 pour y ériger un centre de tri de colis. Le Tribunal administratif en a décidé autrement

Jérôme Diesnis
Les opposants ç l'implantation d'Amazon se sont régulièrement mobilisés pour empêcher le projet d'implantation du géant américain à proximité du Pont du Gard.
Les opposants ç l'implantation d'Amazon se sont régulièrement mobilisés pour empêcher le projet d'implantation du géant américain à proximité du Pont du Gard. — AFP
  • Amazon devait s’installer à Fournès, une commune viticole proche du Pont du Gard, pour y développer un centre de tri dans un bâtiment de 38.000 m2.
  • Courant novembre, le Tribunal administratif de Nîmes avait fait droit à la requête relative à l’autorisation environnementale. Une décision qui annulait la mise en œuvre du permis de construire.
  • Porteuse du projet, la société Argan, un promoteur immobilier spécialisé notamment dans la création d’entrepôts pour le compte de grandes entreprises, a décidé de ne pas faire appel de cette décision devant la cour administrative d’appel de Marseille entraînant de facto la fin du projet.

Les opposants au projet d’implantation d’Amazon dans le Gard ont gagné leur bataille. La société Argan a décidé de ne pas faire appel de la décision du tribunal administratif de Nîmes, comme l’a confirmé à l’AFP sa chargée de communication Aude Vayre. En l’absence de procédure devant la cour administrative d’appel de Marseille, la décision du tribunal administratif est devenue définitive. Argan est un promoteur immobilier spécialisé notamment dans la création d’entrepôts pour le compte de grandes entreprises.

Le 9 novembre, la juridiction avait fait droit à la requête relative à l’autorisation environnementale, estimant le projet « susceptible d’affecter la conservation d’espèces animales ou végétales protégées », alors que 500 camions y étaient attendus quotidiennement. « Le tribunal a jugé que malgré la création probable de 600 emplois équivalent temps plein et les retombées économiques résultant des investissements nécessaires au projet, celui-ci ne répondait pas à une raison impérative d’intérêt majeur ». La juridiction avait également considéré « qu’il ne résultait pas de l’instruction qu’aucune alternative à l’implantation de ce projet sur le site de Fournès n’existait ».

Un bâtiment de 38.800 m2 sur un terrain de 13,7 ha

Cette annulation de l’autorisation environnementale délivrée par la préfecture du Gard, empêchait la mise en œuvre du permis de construire. Sur ce site de Fournès, une petite commune située à proximité du Pont du Gard, le bâtiment de 38.800 m² devait initialement voir le jour sur un terrain de 13,7 hectares. Situé à proximité de la sortie 23 de l’autoroute A9, il devait servir de centre de tri des colis du géant américain.

« Cette décision pose la question de l’avenir de nos territoires qui sont impactés par les espèces protégées. Que ce soit Amazon ou d’autres entreprises, on sera forcément contraints », regrette Thierry Boudinaud, le maire de cette petite commune d’un millier d’habitants. Les élus avaient de Fournès mais aussi de plusieurs communes environnantes, avaient soutenu l’arrivée du géant américain sur leurs terres. « C’est un gâchis important. Ça va être compliqué de repartir sur un dossier. Cinq ans passés sur le village de marques, quatre ans sur ce projet-là. »

« David peut gagner contre Goliath »

« David peut gagner contre Goliath », savoure Patrick Fertil, membre de l’Association pour le développement de l’emploi dans le respect de l’environnement (Adere) qui avait déposé la requête devant le tribunal administratif. Et qui luttait depuis trois ans contre ce projet au nom de la défense de l’environnement, tout en estimant que les perspectives d’emplois avaient été sciemment gonflées. L’association avait également déposé plainte pour prises illégales d’intérêt d’une partie des élus locaux.

Si le projet Amazon est enterré, le terrain appartient bien à Argan. Rien n’indique que d’autres projets ne voient le jour à l’avenir. Le groupe « s’apprête à présenter un nouveau dossier, de moindre importance », explique Aude Vayre. Il sera développé « en accord avec les normes environnementales », a-t-elle ajouté, sans plus de détails.