Smic : Une augmentation de 0,9 % en janvier, les syndicats réclament un « vrai coup de pouce »

SALAIRE Au 1er janvier, le Smic mensuel passera à 1.603 euros brut pour 35 heures hebdomadaires

20 Minutes avec AFP
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Des feuilles de salaire (illustration).
Des feuilles de salaire (illustration). — laire

Si le Smic va augmenter mécaniquement de 0,9 % en janvier du fait de la hausse des prix, après 2,2 % en octobre​, les deux syndicats, FO et CGT, réclament un « vrai coup de pouce » au gouvernement, qui s’y est toujours montré défavorable.

A la suite de l’accélération de l’inflation en novembre – 2,8 % sur un an – confirmée mercredi par l’Insee, le Smic mensuel passera automatiquement à 1.603 euros brut pour 35 heures hebdomadaires le 1er janvier, soit une hausse de 14 euros par rapport au 1er octobre. Par rapport au 1er janvier 2021, cette hausse sera de 49 euros en brut. Le salarié touchera 1.269 euros net par mois, soit 38 euros de plus, indique-t-on au ministère du Travail. Le taux horaire brut sera lui à 10,57 euros.

Deux millions de personnes concernées en 2021

Le Smic bénéficie chaque année d’une hausse mécanique qui tient compte de l’inflation constatée pour les 20 % de ménages aux plus faibles revenus entre la dernière revalorisation et le mois de novembre. Comme, au 1er octobre, le Smic avait été augmenté exceptionnellement de 2,2 % du fait d’une hausse des prix supérieure à 2 % entre novembre 2020 et août 2021, la hausse des prix prise en compte cette fois-ci porte uniquement sur les mois de septembre, octobre et novembre.

Selon une étude de la Dares publiée vendredi, quelque 2,04 millions de travailleurs, soit 12 % des salariés du privé, avaient bénéficié de la revalorisation de 1 % au 1er janvier 2021. Les bénéficiaires sont plus nombreux dans les petites entreprises, parmi les salariés à temps partiel et parmi les femmes. Le gouvernement peut choisir d’aller au-delà de cette augmentation automatique, mais le panel d’économistes consulté avant chaque hausse s’est prononcé la semaine dernière contre cette éventualité – comme à chaque fois depuis son premier avis en 2008.

"Fausses raisons pour décourager tout coup de pouce salarial"

Ces économistes considèrent qu’un « coup de pouce » serait « préjudiciable à l’emploi des personnes les plus vulnérables », d’autant plus qu’il ne pourrait « plus être compensé par une baisse des cotisations sociales employeur, qui ont atteint le seuil maximal au niveau du Smic ».

Cette argumentation exaspère FO, la CGT ou encore Solidaires qui, dans un communiqué commun, ont dénoncé un « comité d’experts qui trouve toujours de fausses raisons pour décourager tout coup de pouce salarial ». Yvez Veyrier (FO) réclame ainsi une « vraie prise en compte » de l’avis des syndicats et un « vrai débat sur le niveau du Smic ». La CGT exige une hausse du Smic à hauteur de 2.000 euros brut. « Les primes et les petits avantages ne sont pas suffisants. Ce qui fait foi, c’est le salaire », répète Philippe Martinez.

Les branches réunies vendredi

Les syndicats pourront faire valoir leurs arguments auprès de la Commission nationale de la négociation collective qui se réunit mercredi après-midi. Mais ils ont peu de chances d’être entendus lors de cette réunion par le gouvernement, qui privilégie d’autres mesures (chèque énergie, indemnité inflation…) pour protéger le pouvoir d’achat. « On est attentif à ne pas alourdir le coût du travail pour répondre à ces enjeux de pouvoir d’achat », a déclaré ainsi Elisabeth Borne le 30 novembre. La ministre du Travail compte aussi sur la pression exercée sur la quarantaine de branches qui ont des minima salariaux en dessous de Smic pour qu’elles améliorent leurs grilles salariales.

Elle réunira vendredi matin syndicats et patronat pour faire le point « sur celles qui ont progressé ces dernières semaines et les mauvaises élèves », souligne-t-on au ministère. Le ministère espère notamment que des avancées auront été obtenues jeudi dans l’hôtellerie-restauration lors d’une nouvelle réunion de négociations entre les organisations professionnelles de ce secteur très concerné par les bas salaires. Laurent Berger (CFDT) a lui appelé mercredi le gouvernement à exercer davantage de « contrainte ». En même temps que la revalorisation du Smic, « il faut que le gouvernement dise à toutes les branches concernées de négocier dans les trois mois une revalorisation de leurs grilles, sinon on remettra en cause les allègements de cotisation », a-t-il proposé sur LCI. « Ce n’est pas acceptable de rester jusqu’à 15 ans au Smic », a insisté le syndicaliste.