Loi de finances : Vote final ce mercredi pour le dernier budget du quinquennat

COMPTES PUBLICS Le gouvernement table sur un déficit public à 5 % du PIB mais avec un endettement record à 113,5 % du PIB en 2022. L’opposition parle d’un « budget de campagne »

20 Minutes avec AFP
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L'Assemblée nationale le 14 décembre 2021.
L'Assemblée nationale le 14 décembre 2021. — Jacques Witt/SIPA

Un budget électoraliste pour les uns, une réponse à la crise sanitaire pour les autres. Le Parlement achève ce mercredi son marathon budgétaire avec un ultime vote des députés sur le dernier projet de loi de finances du quinquennat Macron.

Passer du « quoi qu’il en coûte » au « quoi qu’il arrive », telle est la philosophie du ministre des Comptes publics Olivier Dussopt. Après avoir ouvert les vannes de la dépense publique pour sauvegarder l’économie face au Covid-19, le projet de budget 2022 avait, selon le vœu du gouvernement, la délicate mission de la canaliser tout en tenant compte de la crise épidémique persistante.

Des prévisions de croissance encourageantes

Selon ses prévisions, le déficit sera ramené à 5 % du PIB, mais l’endettement du pays atteindra des niveaux records à 113,5 % du PIB l’année prochaine. Dans la dernière ligne droite vers la présidentielle, l’exécutif peut cependant s’appuyer sur une prévision de croissance de 6,25 % pour 2021 et de 4 % pour 2022.

Droite et gauche ont toutefois peu goûté les débats, sur la forme comme sur le fond. Elles dénoncent « un budget de campagne » et une méthode qui a consisté à muscler le texte à coups de milliards d’euros votés par amendements. Plan d’investissement France 2030, plan pour Marseille, contrat d’engagement jeune pour les moins de 25 ans, mesures du bouclier tarifaire pour lutter contre la flambée des prix de l’énergie : le gouvernement a multiplié les promesses en les rajoutant au fil de la discussion budgétaire.

La droite fustige « l’insincérité » de ce budget

Unie derrière Valérie Pécresse, la droite fustige la dérive des comptes publics. Selon les calculs du président LR de la commission des Finances Eric Woerth, l’ajout de quelque 130 amendements en première lecture a gonflé de 12 milliards d’euros les dépenses par rapport au projet de loi de finances initial. En deuxième lecture au Palais-Bourbon, ce sont encore 500 millions de dépenses nouvelles qui ont été votées.

Entre-temps, le Sénat dominé par la droite avait refusé d’examiner la partie « recettes » du budget, entraînant mécaniquement le rejet de l’ensemble du texte. En nouvelle lecture mardi, les sénateurs ont voté une motion entraînant d’emblée son rejet. Les députés LR ont pour leur part annoncé une saisine du Conseil Constitutionnel au motif de « l’insincérité » de ce budget.

De nouvelles règles

Par contre, alors que Paris entend convaincre l’UE et en particulier la nouvelle coalition au pouvoir à Berlin d’assouplir les règles du pacte de stabilité européen et la sacro-sainte règle des 3 % du PIB pour le déficit, l’examen du budget 2022 par le Parlement est le dernier dans son genre. Dès l’année prochaine, la discussion budgétaire sera rénovée grâce à l’entrée en vigueur d’une réforme pilotée par Eric Woerth et Laurent Saint-Martin. L’année budgétaire sera davantage calée sur le calendrier européen. Le débat parlementaire donnera davantage de place aux questions de dette et d’investissements. Reste à savoir qui à l’Elysée et à Bercy pilotera la prochaine politique économique du pays.