En 2009, les entreprises françaises vont peu s'engager

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L'enquête Besoins en main-d'oeuvre (BMO) publiée par Pôle emploi chaque année a été dévoilée vendredi dernier. Sans surprise, elle révèle un repli des intentions d'embauche des entreprises de 23,8 % pour 2009. « Soit 989 400 projets de recrutements, le chiffre le plus bas depuis le lancement de l'enquête BMO en 2002 », a commenté Bernard Ernst, directeur des statistiques à Pôle emploi. Cependant, cette baisse n'est pas uniforme sur tout le territoire et certaines régions, à l'instar du Languedoc-Roussillon, résistent mieux à la crise. En revanche, dans les bassins industriels, comme la Lorraine, les projets de recrutement plongent nettement. Logique, puisque l'industrie fait partie, avec le BTP et le commerce automobile, des secteurs les plus touchés par la crise. Au contraire, l'action sanitaire et sociale et l'hôtellerie-restauration se montrent plus résistantes.

Quant aux métiers qui recruteront le plus cette année, ils sont encore majoritairement peu qualifiés. En tête de liste figurent ainsi les professions relatives à l'activité touristique (serveurs, maîtres d'hôtel, animateurs socioculturels, cuisiniers, etc.), les métiers des services à la personne (employés de maison, assistantes maternelles, etc.), ceux des services aux entreprises (agents d'entretien, VRP, hôtesses d'accueil, agents de sécurité, etc.), ceux de la vente (caissiers, employés de libres-services, vendeurs, etc.) et ceux du secteur sanitaire et social (aides-soignants). Seules quelques professions cadres continuent à être dans la cible des recruteurs : les ingénieurs et cadres de l'informatique, les commerciaux et technico-commerciaux, les ingénieurs d'études et de recherche.

Autre effet de la crise : les entreprises qui peinaient à recruter certains profils, pensent avoir moins de difficultés à les trouver (43,2 % en 2009 contre 51,1 % en 2008). Seul point positif de cette étude : ces statistiques permettront à Pôle emploi d'adapter les formations proposées aux chômeurs aux besoins de main-d'oeuvre des entreprises. ■Delphine Bancaud