ça crise dans les entreprises

Angeline Benoit

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En France, l'ambiance restait tendue hier dans nombre de sociétés. Les salariés de l'usine de chocolat de Barry Callebaut (ex-Nestlé) de Dijon ont bloqué le site après l'annonce de 103 suppressions d'emplois tandis qu'entre 200 et 300 ouvriers d'ArcelorMittal mettaient fin au CE à Florange (Moselle). Par ailleurs, 1 100 à 3 000 salariés du secteur de l'énergie (EDF, GDF-Suez, etc.) ont défilé à Paris, pour exiger des augmentations de salaire.

Enfin, le conseil d'administration de l'Institut français de la recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer) n'a pas pu se tenir, boycotté par les élus du personnel. Alors que le patronat exprimait son inquiétude et prônait « la négociation libre et consentie », le porte-parole du gouvernement Luc Chatel a martelé que « rien ne justifie les séquestrations ».Ces méthodes viennent pourtant d'être appliquées avec succès dans une usine Sony des Landes, à la société 3M de Pithiviers (Loiret) et sur le site de Caterpillar à Grenoble. A Bellegarde-sur-Valserine (Ain), chez le fabricant britannique d'adhésifs Scapa, quatre cadres ont été libérés après avoir doublé leur proposition de primes de départ à 1,7 million d'euros. « On les a retenus mais ils ont bien mangé. Ça a été sympathique, ils ne nous en veulent pas, a souligné Christophe Bougret, délégué CGT. C'est le seul moyen de pression quand on a en face des gens qui ne veulent pas négocier. La stratégie a été payante, mais il faut savoir s'arrêter », a-t-il ajouté. Les séquestrations sont « légitimes », a affirmé hier Lutte ouvrière, car « la violence et l'illégalité, c'est surtout ce qu'on fait vivre aujourd'hui aux travailleurs ». ■