Nantes : Boudés par les banques, ces entrepreneurs ont réussi grâce au microcrédit

SOCIAL Dans les Pays-de-la-Loire, l'Adie a accompagné plus de 600 entrepreneurs l'an passé, dont 42% percevaient les minimas sociaux

Julie Urbach
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Karim, Ylias et Mona ont été aidés par l'Aide pour le développement de leur entreprise
Karim, Ylias et Mona ont été aidés par l'Aide pour le développement de leur entreprise — J. Urbach/ 20 Minutes
  • A Nantes, Karim, Ylias et Mona ont développé leurs entreprises grâce au micro-crédit.
  • Ils ont été accompagné par l'Adie, une association qui veut donner «la possibilité à tous de devenir entrepreneur».

Il avait le désir d’entreprendre, mais pas les fonds qui allaient avec… A 25 ans, Karim est pourtant son propre patron depuis près de deux ans. Si ce Nantais, chauffeur de VTC indépendant, n’a pas récolté le soutien escompté auprès des banques traditionnelles, il a trouvé une solution auprès de  l'Adie, une association « reconnue d’utilité publique » qui a octroyé des micro-crédits à plus de 600 entrepreneurs dans les  Pays-de-la-Loire l’an passé. « J’ai ainsi pu acheter mon premier véhicule pour la somme de 9.500 euros, raconte le jeune homme. Sans épargne, ni papa ou maman derrière, c’est très compliqué pour se lancer, même avec un business plan détaillé. »

Donner la possibilité à tous de devenir entrepreneur, via des prêts allant jusqu’à 12.000 euros ou carrément des primes, c’est le crédo de cette association nationale, dont 42 % des bénéficiaires des Pays-de-la-Loire perçoivent les minima sociaux et 14 % vivent dans des quartiers prioritaires de la ville. « On apporte notre aide dès lors que la banque ne suit pas, explique Fabienne Kerzerho, directrice régionale. L’objectif est de sécuriser le démarrage ou le développement de l’activité, en apportant aussi de l’accompagnement, des conseils, ou encore de la microassurance. » Selon les chiffres de l’Adie, 23 % des entrepreneurs aidés dans la région (moyenne d’âge : 38 ans) n’ont pas de diplôme.

« Je n’avais plus de trésorerie »

Derrière les services (37 %), c’est le secteur du commerce (34 %) qui est le plus représenté. Mona, par exemple, a pu relocaliser sa production de prêt-à-porter d’Afrique en France grâce à cette aide financière, obtenue en quelques mois à peine. « Pendant le Covid, je voulais continuer mon rêve de stylisme mais je n’avais plus de trésorerie, j’étais partie tête baissée, raconte cette « maman solo ». J’ai pu repenser toute ma stratégie, payer mes fournisseurs jusqu’au lancement prochain de ma campagne de financement participatif. »

Rue Maréchal-Joffre, à Nantes, c’est aussi grâce à ce dispositif qu’Ylias a pu rénover et remeubler son restaurant de spécialités afghanes, qu’il venait d’acquérir avec sa conjointe. Aujourd’hui, malgré une année 2020 compliquée et un prêt de 7.500 euros à rembourser, le trentenaire a pu « doubler son chiffre d’affaires ». Selon l’Adie, 84 % des personnes financées sont durablement insérées professionnellement.