Le marché français de l’automobile est resté au plus bas en novembre

INDUSTRIE C’est la pénurie de semi-conducteurs qui freine sa progression

M.F avec AFP
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La Peugeot 208 reste la voiture la plus vendue de l'année, juste devant la Renault Clio, la Peugeot 2008 et la Dacia Sandero.
La Peugeot 208 reste la voiture la plus vendue de l'année, juste devant la Renault Clio, la Peugeot 2008 et la Dacia Sandero. — KEIZO MORI/UPI/Shutterstock/SIPA

Pour le sixième mois consécutif, le marché de l’automobile français est resté orienté à la baisse en novembre. Les constructeurs ont immatriculé 121.995 voitures sur le mois, contre 126.047 en novembre 2020, soit une baisse de 3,21 % sur un an. En novembre 2019, avant la pandémie, ce nombre s’élevait à 172.731, selon des chiffres publiés mercredi par la  Plateforme automobile (PFA).

« On n’a jamais vu un mois de novembre comme ça. Les chiffres sont très bas et on se compare à un mois de novembre 2020 où les concessions étaient restées quasiment fermées 15 jours », souligne François Roudier, de la PFA. Si le début de l’année 2021 a été meilleur que le début 2020, paralysé par la pandémie de Covid-19, les ventes sont à nouveau faibles depuis le mois de juin.

L’entrée de gamme sacrifiée au profit du haut de gamme et des électriques

En légère hausse de 2,53 % sur un an, avec 1,5 million de véhicules vendus (soit -25 % par rapport à la même période en 2019), le marché reste frappé par la crise des semi-conducteurs. « Tous les véhicules d’entrée de gamme, qui font du volume, sont sacrifiés au profit du haut de gamme et des électriques », souligne François Roudier.

Les ventes d’hybrides ont presque doublé en un an et représentent désormais 25,6 % du marché, derrière l’essence (40,6 %) mais devant les Diesel (21,5 %) et les électriques (9,3 %). La morosité ne touche pas Tesla, Ferrari ou Jaguar-Land Rover : le petit segment des modèles de luxe affiche une croissance de 77 % sur un an, selon AAAData.

Année record pour l’occasion

Du côté des voitures d’occasion, le marché « paraît bien parti pour une année record », souligne le cabinet AAAData, avec un gain de 9,2 % sur onze mois et déjà 5,5 millions de transactions. Il a notamment été poussé en novembre par une accélération de la demande pour les modèles de moins de cinq ans.

Le leader Stellantis a vu ses ventes baisser de 30,50 % par rapport aux onze premiers mois de 2019, avec 510.640 véhicules vendus. Sa part de marché recule légèrement à 34 %, avec des mauvais scores pour ses marques Fiat et Opel notamment. Son concurrent Renault affiche une baisse de 28,21 %, avec une part de marché en légère baisse également, à 23,7 %, malgré de bonnes ventes chez Dacia.

Incertitudes avec le variant Omicron

La Peugeot 208 reste la voiture la plus vendue de l’année, juste devant la Renault Clio, la Peugeot 2008 et la Dacia Sandero. Le groupe Volkswagen résiste mieux avec des ventes à -20,52 % et une part de marché en légère hausse à 13,46 %. Toyota (6,20 % de part de marché) et BMW (4,25 %) limitent la casse, tandis que Hyundai-Kia est le seul groupe à voir ses ventes augmenter depuis 2019, avec 5,43 % de parts de marché.

La PFA estime que les ventes annuelles devraient se situer en 2021 « autour de 1,7 million de véhicules ». L’industrie fera-t-elle légèrement mieux que lors de sa catastrophique année 2020 ? « Ça va dépendre des réglages du commerce et de l’industrie, sans parler du facteur Covid, avec le nouveau variant », avance François Roudier.