L'avenir de l'immobilier incertain

Louis Moulin et Angeline Benoit

— 

Le marché immobilier est en net ralentissement, d'après les chiffres basés sur les transactions de l'an dernier et présentés hier par les notaires.

En 2008 Les notaires constatent une baisse de 2,8 % au quatrième trimestre par rapport à la même période en 2007, premier recul depuis 1997. « Vu le décalage entre la signature des compromis et la vente définitive, cela confirme le décrochage constaté l'été dernier. Ceux qui voulaient vendre leur bien pour acheter ont déserté le marché, qui a vu les ventes s'effondrer », analysait hier Michel Mouillart, spécialiste du secteur et professeur d'économie à l'université de Nanterre.

En 2009 Les acteurs s'accordent sur une baisse mais divergent sur son ampleur. Le réseau d'agences Fédération nationale de l'immobilier (Fnaim) prédit une chute de 10 %, et estime que les prix ont déjà reculé de 5 % alors que les notaires restent sur une augmentation légère en 2008 (+ 0,5 % pour les appartements, + 0,2 % pour les maisons). Ils évoquent une fourchette de - 5 à - 20 %. « La chute des prix annoncée par certains depuis fin 2008 laisse perplexe. Les chiffres sur les crédits immobiliers accordés aux ménages montrent une stabilisation et une remontée concomitante au fort recul des taux, début 2009 », relativise Michel Mouillart.

Tout dépend des biens Les zones rurales et les banlieues sont exposées à des variations brutales contrairement aux grandes agglomérations, dont le prix au m2 progressait encore l'an dernier. Les biens de qualité et les petites surfaces voient aussi leur valeur préservée par rapport à l'ensemble du marché. L'an dernier, le prix moyen d'une maison ancienne de 6 pièces a reculé de - 8,2 % contre - 4,3 % pour 1 à 3 pièces. ■