Montpellier : Ecomatelas offre une seconde vie aux matelas destinés à finir à la déchèterie

ENVIRONNEMENT Cette start-up montpelliéraine affiche depuis sa création une croissance exponentielle, et va passer le million d'euros de chiffre d'affaires cette année

Nicolas Bonzom
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Jérémie Adjedj (à gauche) et Stéphane Duponchel (à droite), dans les ateliers d'Ecomatelas
Jérémie Adjedj (à gauche) et Stéphane Duponchel (à droite), dans les ateliers d'Ecomatelas — Ecomatelas
  • L’entreprise montpelliéraine Ecomatelas a parié en 2017 sur le reconditionnement de matelas. Cette année, elle va passer le million d’euros de chiffre d’affaires.
  • Cette PME récupère des matelas auprès de grands groupes hôteliers, de magasins spécialisés, mais aussi de particuliers, via des écoorganismes mandatés par l’Etat.
  • La housse n’est pas gardée, l’entreprise conserve seulement le cœur du matelas. Puis elle lui fait subir un traitement de choc, pour qu’il soit comme neuf.

Vous utilisez peut-être un smartphone, une trottinette ou un aspirateur reconditionné. Mais pourriez-vous dormir sur un matelas remis à neuf ? Oui, si l’on se réfère aux courbes généreuses d'Ecomatelas. Cette start-up montpelliéraine, qui a parié, en 2017, sur le reconditionnement de matelas d’occasion, affiche depuis sa création une croissance exponentielle, et va passer le million d’euros de chiffre d’affaires cette année. Et depuis le 10 octobre, elle livre ses produits partout en France, grâce à Mazet, une société de transports, installée près de ses ateliers, à Saint-Aunès (Hérault).

C’est en discutant avec son oncle, professionnel de la literie, que Jérémie Adjedj a eu l’idée de créer cette entreprise : il s’est rendu compte que de nombreux hôtels soucieux de renouveler leur literie, ou des magasins spécialisés, jetaient, régulièrement, des matelas à la déchèterie. « On s’est dit que l’on pourrait peut-être donner une deuxième vie à ces matelas, plutôt que de les jeter, confie Jérémie Adjedj. D’autant plus que ce sont des matelas encore en très bon état, et de très bonne qualité. »

« A la fin de notre processus, il est tout propre, tout beau, tout neuf »

La PME, qui reconditionne aujourd’hui 400 à 500 matelas chaque mois, récupère des matelas partout en France, auprès de grands groupes hôteliers, mais aussi des fabricants, qui lui cèdent les produits en fin de collection ou qui ont de petits défauts. « Avant ces matelas étaient jetés, alors qu’ils sont neufs », note l’entrepreneur. La PME récupère enfin les matelas collectés par des écoorganismes, mandatés par l’Etat pour offrir une deuxième vie aux matelas dont les particuliers souhaitent se débarrasser.

Grâce à un procédé maison ultra-performant, « un matelas qui, au départ, n’a pas une très bonne tête parce qu’il a une petite tache ou qu’il est un peu déchiré, à la fin de notre processus, il est tout propre, tout beau, tout neuf », poursuit l’entrepreneur. Dans les ateliers d’Ecomatelas, le matelas est d’abord déshabillé. La housse n’est pas conservée, elle sera recyclée. L’entreprise ne garde que l’intérieur du matelas : la mousse, le latex ou la mémoire de forme. « Une machine va ensuite tailler la matière, afin de retirer toutes les parties abîmées ou affaissées par le temps, note Jérémie Adjedj. C’est un peu comme un fruit : il peut arriver qu’il soit abîmé en surface, mais dessous, il y a encore une partie super comestible. C’est la même chose pour un matelas. »

« On est trois à quatre fois moins cher en moyenne »

Vient ensuite l’étape la plus importante : la désinfection thermique. Placé dans un « grand four », le matelas est traité avec de la chaleur pulsée. « Ça tue les bactéries, les acariens ou les punaises de lit. On atteint les 105 °C. Et à partir de 65 °C, plus rien ne résiste », assure l’entrepreneur, dont le procédé obéit à des normes « supérieures aux normes hospitalières ». Le matelas est ensuite reconditionné, selon différentes gammes, avec une housse toute neuve. Puis vendu, à des prix bien en deçà du marché. « On est trois à quatre fois moins cher en moyenne », note le chef d’entreprise.

Encore faut-il parvenir à convaincre les usagers. « C’est évidemment un gros défi pour nous », note Jérémie Adjedj, qui met en avant son procédé, certifié, et les retours de clients ravis. « On a tous dormi dans un hôtel. Dans un hôtel, on dort sur un matelas où ont dormi des centaines de personnes. Et on ne pose pas la question. Pourtant, le matelas n’est pas passé par toutes les étapes qu’on lui fait subir. »