Coronavirus : Des pertes attendues à 2.000 milliards de dollars en 2021 pour le tourisme mondial

CRISE Selon l’Organisation mondiale du tourisme, l’apparition du variant Omicron montre que « la situation est totalement imprévisible » et que le secteur n’est pas à l’abri de nouveaux aléas

20 Minutes avec AFP
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Des voyageurs arrivant à l'aéroport de Séoul en Corée du Sud, le 29 novembre 2021.
Des voyageurs arrivant à l'aéroport de Séoul en Corée du Sud, le 29 novembre 2021. — Yonhap News/Newscom/SIPA

Le tourisme mondial est toujours à terre. Le secteur devrait encore perdre 2.000 milliards de dollars cette année sous l’effet des restrictions liées à la pandémie de Covid-19, a annoncé ce lundi l’Organisation mondiale du tourisme. L’OMT juge en outre la reprise de l’activité « lente » et « fragile ».

Cette estimation, similaire aux pertes essuyées en 2020, survient alors que de nouvelles restrictions ont été prises pour faire face à une nouvelle vague de l’épidémie et que le variant Omicron se propage dans le monde entier. Ces dernières évolutions montrent surtout que « la situation est totalement imprévisible » et que le secteur n’est pas à l’abri d’aléas susceptibles de provoquer « d’énormes dégâts » économiques, a reconnu le secrétaire général de l’OMT Zurab Pololikashvili.

Une crise « historique » mais surmontable

Selon l’agence onusienne, qui tiendra à partir de mardi et jusqu’au 3 décembre son Assemblée générale à Madrid, les arrivées de touristes internationaux devraient ainsi rester cette année « de 70 à 75 % inférieures » à celles de l’avant-pandémie. « La crise du secteur touristique est historique, mais le tourisme a la capacité de récupérer rapidement », nuance toutefois Zurab Pololikashvili, en disant avoir l'« espoir que 2022 soit une bien meilleure année que 2021 ».

Selon le baromètre publié par l’agence onusienne, les arrivées de touristes internationaux ont « rebondi pendant la saison estivale », laissant entrevoir une amélioration après un début d’année atone, grâce à « la progression rapide des vaccinations ». Malgré tout, « le rythme de la reprise reste inégal selon les régions du monde », insiste l’OMT, qui attribue cette situation hétérogène à « des degrés variables de restrictions de mobilité, de taux de vaccination et de confiance des voyageurs ».

Encore 46 pays totalement fermés

Durant le troisième trimestre, certaines îles des Caraïbes​ ainsi que plusieurs destinations d’Europe méridionale et méditerranéenne ont enregistré « des arrivées proches (…) voire parfois supérieures » aux niveaux de 2019, souligne l’organisation. D’autres pays n’ont en revanche pratiquement pas accueilli de touristes, notamment en Asie et dans la région Pacifique, où de nombreux États interdisent encore à l’heure actuelle les voyages « non essentiels ». Selon l’OMT, 46 pays restent à ce stade totalement fermés aux touristes, soit une destination sur cinq, et 55 le sont partiellement. A l’inverse, quatre pays ont levé toutes les restrictions : la Colombie, le Costa Rica, le Mexique et la République dominicaine.

En raison des incertitudes qui pèsent sur l’évolution de l’épidémie, l’OMT ne donne pas à ce stade d’estimation du nombre de touristes qui pourraient se rendre à l’étranger en 2022. « Les taux de vaccination inégaux » et « les nouvelles souches de Covid-19 » pourraient freiner cette « reprise », souligne l’organisation, qui craint aussi également les effets « de la récente flambée des prix du pétrole » sur les voyages.