Coronavirus : Le nouveau variant fait chuter les Bourses européennes, dont Paris avec une baisse de 4,75 %

EPIDEMIE Pour le CAC 40 français, c’est sa pire séance depuis le 18 mars 2020, jour de l’instauration du premier confinement

M.F avec AFP
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L'annonce d'un nouveau variant potentiellement très virulent a immédiatement impacté le cour de la Bourse européen ce vendredi 26 novembr. (Illustration)
L'annonce d'un nouveau variant potentiellement très virulent a immédiatement impacté le cour de la Bourse européen ce vendredi 26 novembr. (Illustration) — Ahn Young-joon/AP/SIPA

Les réactions en chaîne se poursuivent après la découverte d’un nouveau variant de Coronavirus en Afrique du Sud. Avec la découverte d’ un premier cas en Belgique et la crainte de nouvelles mesures de confinement en Europe, c’est tout le marché qui est impacté. La Bourse de Paris a clôturé en très forte baisse de 4,75 % vendredi. L’indice vedette CAC 40 a dévissé de 336,14 points à 6.739,73 points, annulant tous ses gains depuis le début du mois. C’est sa pire séance depuis le 18 mars 2020, au moment de l’instauration du premier confinement en France. Sur la semaine la côte parisienne a perdu 5,24 %.

Mais Paris n’est pas un cas isolé. Partout dans le monde, les marchés financiers ont plié sous la pression des craintes liées à l’apparition de ce nouveau variant. « Il y avait déjà une nouvelle vague de Covid-19 en Europe, qui a mené certains gouvernements à prendre des mesures, et là ce nouveau variant pourrait ajouter potentiellement une dose supplémentaire de risque », avance Florian Allain, gérant de portefeuille chez Mandarine Gestion, pour expliquer l’ampleur des mouvements du jour. L’Union européenne a par ailleurs recommandé vendredi aux Etats membres de suspendre les vols depuis et vers l’Afrique australe.

Coup dur pour les transports, l’énergie, les assurances et l’automobile

Florian Allain observe « exactement les mêmes réactions que lors du creux de marché de février 2020 au moment où on découvrait le Covid-19 », et constate que les actions des secteurs des transports, de l’énergie, de l’assurance, et de l’automobile sont vendues tandis que les valeurs liées aux biens de consommation s’en sortent mieux. Les cours du pétrole, dépendants des anticipations d’activité économique, perdaient eux aussi près de 10 %.

Les investisseurs ont préféré se rabattre sur le marché obligataire, traditionnel refuge en période d’incertitude, provoquant une nette baisse des rendements. Le taux d’intérêt américain à 10 ans tombait à 1,50 %, contre 1,64 % à la clôture la veille. Et le rendement de la dette française à dix ans reculait à 0,04 %, en baisse de près de 8 points de base.

Les compagnies aériennes durement touchées

Les titres des entreprises de l’aérien, déjà éprouvés par la pandémie, buvaient la tasse avec les premières restrictions de voyage. L’avionneur Airbus s’est effondré de 11,49 % à 99,36 euros, Air France KLM de 9,67 % à 3,77 euros et Aéroports de Paris de 8,61 % à 104 euros. Plus généralement, tout le secteur du tourisme a souffert. Accor a perdu 8,91 % à 26,89 euros et Compagnie des Alpes 7,88 % à 12,40 euros. La foncière Unibail-Rodamco-Westfield, propriétaire de centres commerciaux, a chuté de 11,88 % à 58,46 euros, ce qui en fait la lanterne rouge du CAC 40.

Seules deux actions ont fini en hausse : le géant des laboratoires d’analyses Eurofins Scientific, dont la croissance a été portée par les tests de dépistage du Covid-19, s’est envolé de 7,89 % à 113,72 euros. De son côté Teleperformance (+0,68 % à 357 euros) a résisté à la tendance générale, la tech profitant généralement des mesures de confinement. Dassault Systèmes n’a d’ailleurs reculé que de 0,41 % à 52,89 euros.