Paris : Des taxis volants testés en conditions réelles à la fin de l'hiver

TRANSPORT Les promoteurs espèrent voir ces taxis volants en circulation avant 2030

20 Minutes avec AFP
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Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France et Catherine Guillouard, PDG de la RATP à bord de VoloCity en 2020.
Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France et Catherine Guillouard, PDG de la RATP à bord de VoloCity en 2020. — ROMUALD MEIGNEUX/SIPA

Paris à l’heure du Cinquième élément ? Une trentaine d’industriels et d’institutions vont mener des tests en conditions réelles pour de futurs taxis volants en Ile-de-France, à partir de la fin de l’hiver sur un aéroport du Val-d’Oise, ont annoncé ce jeudi les promoteurs de ce projet.

« Nous allons faire naître ici le premier vertiport européen », s’est enthousiasmé Augustin de Romanet, PDG du Groupe ADP, gestionnaire des aéroports franciliens, en participant à l’inauguration de cette zone installée sur l’aéroport de Pontoise-Cormeilles-en-Vexin, à 35 km au nord-ouest de Paris. « Cette inauguration donne le coup d’envoi des premières expérimentations en conditions réelles sur les véhicules électriques à décollage et atterrissage vertical » (eVTOL, leur acronyme anglais), selon un communiqué commun d’ADP, de la Région Ile-de-France et de la RATP.

L’aéroport de Pontoise pour piste de décollage

L’entreprise de transport va mettre à disposition du projet son laboratoire analysant les bruits et les vibrations, a expliqué sa PDG, Catherine Guillouard. Même bien plus silencieux que des hélicoptères, « il est très important que ces nouveaux véhicules et leur opération soient acceptables par la population ». Le premier eVTOL testé sera celui de l’entreprise allemande Volocopter, mais d’autres start-up comme Vertical Aerospace, Ascendance et Lilium participent au projet, tout comme Airbus et Thales.

L’aéroport de Pontoise a été choisi parce qu’il est « complet, avec une piste de 1.600 mètres, une caserne de pompiers, une tour de contrôle », a remarqué Edward Arkwright, numéro 2 d’ADP : « On veut tester toutes les composantes du dispositif » lors de ces opérations qui vont démarrer « fin février, début mars ».

Deux fois le coût d’un VTC

Se pose aussi la question de « l’acceptabilité sociale » de ces engins, a reconnu Catherine Guillouard, qui espère voir les taxis volants transporter à la fin de la décennie « quelques milliers de passagers tous les jours ». L’objectif est de limiter le coût d’une course à « deux fois le prix d’un VTC », soit une centaine d’euros, selon elle. Sous réserve de certification, les participants au projet voudraient mettre en place deux lignes expérimentales, vitrines de leur savoir-faire, lors des Jeux olympiques de 2024 : héliport d’Issy-les-Moulineaux – Saint-Cyr (Yvelines), et Roissy-Le Bourget-Paris.

« Ce ne sont pas des gadgets qui vont être testés ici. Ce sont des technologies qui vont changer l’industrie aéronautique », s’est enthousiasmé le ministre délégué aux Transports Jean-Baptiste Djebbari, en saluant des projets qui font passer dans la « réalité » des mobilités jusqu’ici « imaginaires » vues dans des films comme Retour vers le futur.