Brexit : Le Royaume-Uni en panne de champagne à Noël ?

RUPTURE Le manque de chauffeurs routiers pourrait avoir un impact sur l’approvisionnement en vins et spiritueux outre-Manche

M.F avec AFP
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Voila à quoi les tables des Anglais pourraient ne pas ressembler lors es fêtes de fin d'année.
Voila à quoi les tables des Anglais pourraient ne pas ressembler lors es fêtes de fin d'année. — congerdesign / Pixabay

Pas de bulles pour les Anglais. Les habitants du Royaume-Uni risquent de ne pas avoir de bouteilles de champagne sur la table pour les fêtes de fin d’année. Dans un communiqué publié mercredi, l’association sectorielle WSTA explique que « la hausse des coûts et le chaos de la chaîne d’approvisionnement retardent les livraisons de vins et spiritueux » et que les importations prennent actuellement « jusqu’à cinq fois plus de temps qu’il y a un an ».

Dans une lettre signée par 49 entreprises du secteur, dont les branches locales de Moët Hennessy et Pernod Ricard, l’association de vins et spiritueux appelle le ministre des Transports Grant Shapps à « prendre des mesures urgentes » pour éviter des rayons vides « avant la période de Noël ».

Le délai d’expédition parfois multiplié par sept

Des commandes qui étaient autrefois expédiées en deux à trois jours « connaissent aujourd’hui des délais de traitement de quinze jours » et les coûts des transporteurs « ont augmenté d’environ 7 % », poursuit l’association, alors que les chauffeurs, courtisés par les entreprises de transport, voient leurs rémunérations progresser.

Le pays fait face à une crise des chaînes d’approvisionnement alimentée notamment par un manque de chauffeurs routiers. Le problème n’est pas spécifique au Royaume-Uni, entraîné par la reprise de l’activité mondiale, mais il y est amplifié par le Brexit qui complique le retour de travailleurs européens.

Les ports britanniques saturés

Le gouvernement a déjà annoncé plusieurs mesures pour tenter de résoudre la pénurie de conducteurs poids lourds, comme l’accélération de la formation des chauffeurs ou la mise en place de visas de travail provisoires pour le secteur.

Mais le gouvernement doit aller plus loin « pour s’assurer que les entreprises britanniques ne travaillent pas avec une main attachée dans le dos pendant la saison des fêtes, et au-delà », insiste Miles Beale, directeur général de WSTA, cité dans le communiqué. L’association demande en particulier au ministre des Transports d’étendre le programme temporaire de visas, qui doit en principe prendre fin le 28 février, ou encore de faciliter l’acheminement des marchandises depuis les ports britanniques, actuellement saturés.