Aveyron : Lâchés par Renault, les espoirs des salariés de la fonderie automobile SAM douchés

SOCIAL Le groupe Renault a indiqué qu’il ne soutiendrait pas le projet de reprise de la petite fonderie automobile aveyronnaise SAM, placée en liquidation judiciaire. Une liquidation définitive semble inéluctable

B.C. avec AFP
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Sur le site de la SAM, en Aveyron.
Sur le site de la SAM, en Aveyron. — Lionel BONAVENTURE / AFP
  • Depuis le mois de septembre dernier, la fonderie aveyronnaise SAM a été placée en liquidation judiciaire avec prolongement d'activités jusqu'au 10 décembre.
  • Son donneur d'ordre, Renault, a annoncé hier soir qu'il ne soutenait pas l'offre de reprise déposée cet été par le patron de l’entreprise Alty-Sifa, soutenu par l'Etat et la Région.
  • Bruno Le Maire, le ministre de l'économie, a demandé au constructeur automobile d'accompagner les 350 salariés de la fonderie dans leur reclassement si la liquidation définitive était prononcée ce vendredi.

Le tribunal de commerce de Toulouse avait donné jusqu’à ce mercredi à Renault pour se prononcer sur le projet de reprise de la fonderie aveyronnaise SAM, placée en liquidation judiciaire depuis septembre dernier, avec prolongation d’activités pour les quelque 350 salariés jusqu’au 10 décembre. Mais le couperet est tombé dès mardi soir par un communiqué du groupe automobile. Ce dernier a estimé que le projet porté par Patrick Bellity, patron de l’entreprise Alty-Sifa, ne présentait pas « les conditions de pérennité et de sécurité nécessaires ».

Le constructeur, « regrette cette situation, mesure les conséquences de sa décision et poursuivra le dialogue avec les salariés de SAM afin de leur proposer des solutions alternatives d’emploi au sein du Renault Group ». Et c’est bien ce que lui demande le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire si le tribunal de commerce de Toulouse prononce la liquidation judiciaire ce vendredi.

« Il n’y a pas d’offre crédible pour la reprise de SAM »

Interrogé ce matin sur FranceInfo ce mercredi matin, il a appelé Renault, premier et unique donneur d’ordre de la fonderie, à être exemplaire dans l’accompagnement des salariés.

« Il n’y a pas d’offre crédible pour la reprise de SAM. Ça fait des mois que nous travaillons avec les équipes, avec les salariés, avec la Région, avec les élus locaux pour trouver une solution. On s’est battu comme pour chaque site industriel, s’il y avait aujourd’hui une offre de reprise qui soit vraiment solide, prometteuse, nous l’aurions imposée d’une manière ou d’une autre, ça n’est pas le cas », a assuré le ministre. En qualité d’actionnaire de Renault, le représentant de l’Etat a indiqué qu’il attendait « un comportement exemplaire vis-à-vis des salariés, parce que pour le bassin d’emploi de Decazeville c’est dur, pour les salariés de la SAM, c’est extrêmement dur », a poursuivi Bruno Le Maire.

Le repreneur potentiel « écœuré »

Les salariés de SAM, qui avaient manifesté mardi devant la préfecture de Rodez, se sont dits scandalisés, alors que le groupe s’était engagé en mai dernier pour le maintien d’au moins 250 emplois à l’issue d’une grève de 23 jours. François Marty, le maire de Decazeville, commune voisine de Viviez, a dit sa « colère ». Tout comme Patrick Bellity qui s’était positionné en juillet avec une première offre de reprise, soutenu par l’État et la région Occitanie.

« Je suis écœuré. Quelle meilleure garantie pouvais-je avoir que l’Etat et la Région ? », a-t-il réagi, déplorant les « milliards » offerts par l’Etat au groupe sans contrepartie. « Nous répondrons présent et mobiliserons l’ensemble de nos dispositifs sur le volet formation pour accompagner les salariés. Nous poursuivrons aussi le travail mené pour soutenir l’implantation de projets industriels d’avenir sur le territoire », a indiqué de son côté Carole Delga, la présidente du conseil régional d’Occitanie qui dénonce la décision « irresponsable » de Renault et a précisé qu’elle partageait « le choc et l’indignation des salariés, et au-delà, de toute la population ».