Transports : La voiture électrique, un avenir encore semé d’embûches selon les Français

AUTOMOBILE Un sondage montre que les véhicules électriques traînent quelques préjugés

Nicolas Raffin
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Un véhicule électrique à une borne de recharge.
Un véhicule électrique à une borne de recharge. — Amer Ghazzal/Shutterstock/SIPA
  • Un sondage publié ce mardi par l’Ifop s’intéresse à l’image de la voiture électrique.
  • Les Français sont conscients de la disparition, à terme, des motorisations essence ou diesel.
  • Mais du changement d’opinion au changement de comportement, la route est longue.

La voiture électrique trace peu à peu sa route dans les ventes de véhicules neufs… et dans l’esprit des Français. Selon un sondage Ifop pour Ovo Energy France * publié ce mardi, les automobilistes ont bien conscience que la fin des véhicules 100 % thermiques (essence, diesel) est inévitable. Alors que l’UE prévoit d’interdire la vente de ces modèles neufs en 2035, 66 % des sondés estiment que les véhicules thermiques auront totalement disparu d’ici à 2040.

Qui pour leur succéder ? C’est là que les choses deviennent plus compliquées. En effet, s’ils devaient remplacer leur véhicule dans l’année qui vient, seulement 15 % des Français choisiraient une voiture 100 % électrique. Un tiers (32 %) d’entre eux achèterait une voiture hybride (qui possède un moteur électrique et un autre thermique) et 41 % porteraient leur choix sur une motorisation essence ou diesel.

« Les opinions évoluent plus vite que les comportements »

Comme le résume Frédéric Dabi, directeur général de l’Ifop, « il y a à la fois un vrai basculement dans l’opinion avec l’intégration de la disparition des voitures thermiques, mais comme souvent, les opinions évoluent plus vite que les comportements. A l’heure actuelle, la voiture classique, essence ou diesel, reste le quotidien pour une écrasante majorité de Français ».

Selon les dernières données disponibles, environ 40 millions de véhicules sont en circulation en France. Parmi eux, seulement 1,1 % (soit 469.000 voitures) sont 100 % électriques. Le chemin vers l’électrification complète est donc encore long, d’autant que le sondage montre que de nombreux doutes persistent dans l’esprit des conducteurs.

Le mirage des prix

Ainsi, parmi les sondés, 60 % estiment que le qualificatif « cher » s’applique bien à la voiture électrique, et 36 % jugent que « les coûts d’achat et de fonctionnement » sont un frein important à l’acquisition. Or cette interprétation est erronée.

Si le coût à l’achat d’un véhicule électrique est bien souvent supérieur à celui de son homologue thermique, le rapport s’inverse lorsqu’on regarde le coût d’usage sur plusieurs années. Ainsi, selon une enquête de l’UFC Que-Choisir, un véhicule électrique moyen (type Tesla Model 3, Peugeot e-208) permet d’économiser environ 7.000 euros sur quatre ans par rapport à un concurrent essence, en incluant toutes les dépenses (achat, carburant, entretien…). « Cela montre qu’il y a encore des stéréotypes bien ancrés qui font que l’enthousiasme des Français pour l’électrique reste mesuré », observe Frédéric Dabi.

Les jeunes en pointe

Autres freins à la voiture électrique cités par les sondés : la « faible autonomie » (39 %) et le « manque de bornes de recharge » (24 %). Ces deux aspects sont liés, car un plus grand déploiement des bornes publiques – le gouvernement vise 100.000 points de recharge à la fin de l’année – permettra à ceux qui font de grands trajets de ne pas craindre la « panne sèche ».

Malgré ces embûches, Frédéric Dabi estime que « l’imaginaire autour de la voiture est en train d’évoluer, et de façon irréversible ». Cela est particulièrement visible chez les jeunes électeurs. Parmi les 18-35 ans interrogés par l’Ifop, 58 % d’entre eux préféreraient soutenir un candidat qui défendrait la mobilité à faible émission de CO2 plutôt qu’un autre. Une bonne nouvelle pour la planète, même si les véhicules électriques – dont la fabrication, notamment des batteries, émet du CO2 – ne constituent qu’une partie de la réponse sur l’évolution des mobilités.

Enquête réalisée en ligne du 1er au 7 octobre 2021, auprès d’un échantillon de 1.007 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.