Occitanie : La région se rêve en leader de l’hydrogène vert

DECARBONE La France veut devenir un leader dans le domaine de l’hydrogène en développant l’hydrogène vert. La région Occitanie se donne les moyens d’en être un acteur principal

Jérôme Diesnis
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Emmanuel Macron, lors de sa venue à Béziers sur le site de Genvia, a annoncé une rallonge de 1,9 milliard d'euros pour le développement de l'hydrogène vert en France.
Emmanuel Macron, lors de sa venue à Béziers sur le site de Genvia, a annoncé une rallonge de 1,9 milliard d'euros pour le développement de l'hydrogène vert en France. — I. Harsin / Sipa
  • Emmanuel Macron a annoncé à Béziers une rallonge supplémentaire de 1,9 milliard d’euros pour le développement de la filière de l’hydrogène vert en France.
  • Développement des capacités de production et de distribution d’hydrogène vert, recherche, formation, subvention des industriels et aide à la reconversion des véhicules de transport : le plan de la région Occitanie est ambitieux.
  • A l’horizon 2030, la région espère avoir développé 40.000 emplois sur l’ensemble de son territoire.

Emmanuel Macron a annoncé mardi à Béziers le financement pour 1,9 milliard d’euros aux projets liés à l’hydrogène vert, en supplément aux 7,2 milliards déjà prévus dans le cadre du programme France relance. Sa venue sur le site Genvia, une entreprise financée en partie par la région Occitanie (à hauteur de 3,5 millions d’euros, soit 6,5 % de son capital) et cette annonce viennent conforter la politique de la collectivité.

L’Occitanie s’est lancée depuis 2019 dans le développement de cette énergie produite à partir d’énergies renouvelables. « Nous avons été la première région française à nous doter d’une stratégie globale et d’un plan opérationnel », rappelle la présidente, Carole Delga. Le plan de 150 millions d’euros prévoit à l’horizon 2030 la création d’usines, de stations de production et de distribution de cette énergie.

Produit avec l’aide de l’éolien marin

A Port-la-Nouvelle, où les travaux d’extension du port battent leur plein, l’usine de production d’hydrogène doit produire à elle seule 21 % des objectifs de production de cette énergie. L’usine bénéficiera de l’énergie renouvelable produite par le parc éolien en mer.

En parallèle, elle cofinance le techno-campus de Francazal (en Haute-Garonne), une unité de recherche annoncée pour 2024. Destiné à être le plus grand centre européen de recherche, d’essai et d’innovation technologique dédié à l’hydrogène vert, il a pour première ambition de développer le futur moteur à hydrogène pour l’avion.

La cible : industrie et moyens de transport

Ce vaste plan envisage également l’achat de véhicules roulant à l’hydrogène, dont des trains TER, testés lors de la réouverture de la ligne Toulouse – Luchon. Et le soutien au financement de véhicules pour les entreprises de transport. « La mobilité lourde est aujourd’hui l’un des plus grands défis de la transition énergétique, reprend la présidente de la région. Avec le projet Corridor H2, la Région s’engage dans cette voie et associe industrie et mobilité à l’échelle européenne. »

Ce projet – soutenu par l’Europe – prévoit des subventions pour les entreprises du secteur du transport souhaitant engager une mutation de leurs véhicules roulant au diesel vers des véhicules à hydrogène. Il doit également permettre de mettre à la disposition des transporteurs de plusieurs sites de distribution, le long de l’autoroute A9 notamment, afin de subvenir aux besoins des transporteurs en transit.

40.000 emplois espérés dans la région d’ici 2030

« La transition énergétique est génératrice d’emplois », estime la présidente de la région Occitanie. Selon ses projections, la filière devrait créer 40.000 emplois à l’horizon 2030 et trois fois plus d’ici 2050. Dans le même temps l’Elysée envisage d’ici 2030 la création de 50 à 100.000 emplois sur l’ensemble du territoire français.