Handicap : Se former à la langue des signes, un geste vers l’autre

DIALOGUER Communiquer pour mieux comprendre l’autre ou se faire comprendre, mais aussi pour accéder à l’emploi : la langue des signes est un formidable outil d’inclusion 

Lise Garnier
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La langue des signes est très demandée dans les secteurs comme le médico-social et l'éducatif.
La langue des signes est très demandée dans les secteurs comme le médico-social et l'éducatif. — Urbazon / Getty Images
  • La 25e édition de la Semaine européenne pour l’emploi des personnes handicapées (SEEPH) se déroule du lundi 15 novembre au dimanche 21 novembre à l’initiative de l’Association pour l’insertion sociale et professionnelle des personnes handicapées (Ladapt), sur le thème des jeunes en situation de handicap et de l’emploi.
  • Retrouvez notre supplément 20 Minutes Inclusion sur www.20minutes.fr/pdf/supplements.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Selon le réseau Visuel-LSF, qui propose des formations à la langue des signes (LSF) à travers toute la France, « sur les 240 personnes avec un statut de demandeur d’emploi que nous avons accompagnées en 2020, 68 % ont été réinsérées socialement après avoir obtenu la certification CC LSF-L2 [un certificat de compétences en langue des signes française]. »

Une compétence valorisée

Parler avec les mains, la compétence est recherchée, mais elle ne suffit pas toujours à convaincre un employeur. En regardant de plus près les chiffres de Visuel-LSF, 27 % des bénéficiaires de la certification ont trouvé un emploi en lien direct avec la langue des signes, 31 % ont repris leurs études en continuité avec leur certification et 10 % ont retrouvé du travail rapidement. Un peu moins d’un quart des apprenants certifiés sont toujours en recherche d’emploi, et 9 % ont mis leur projet en pause.

Le care et le commerce, très demandeurs

Gage d’inclusion, la langue des signes est encore plus importante dans certains domaines d’activité, comme le médico-social ou l’éducatif. « Les apprenants viennent principalement du secteur de la santé, du service à la personne, du commerce et de l’hôtellerie-restauration », précise Charles-Alexandre Peretz, directeur marketing de l’École française, qui propose depuis un an une formation à distance à la langue des signes. « Des centaines de milliers de personnes naissent chaque année sourdes et muettes. Aujourd’hui, ce n’est pas si difficile de faire un pas vers elles », lâche le représentant de l’École française.

« Que tout le monde sache dire “bonjour” et “comment allez-vous ?” C’est un minimum » Charles-Alexandre Peretz, de l’Ecole française

Pour le réseau Visuel-LSF, les avantages des formations sont multiples. L’ajout de compétences « facilite l’insertion et la reconversion professionnelles », mais l’apprentissage est tout aussi enrichissant sur le plan personnel puisqu’il est synonyme de « reconnaissance et d’intégration ». « En favorisant l’inclusion de certaines personnes, on se valorise aussi soi-même. On est fier de ses compétences et heureux de les transmettre », commente Charles-Alexandre Peretz. « On n’a pas la prétention de rendre les gens bilingues, mais on aimerait amener le même mouvement que pour l’anglais : que tout le monde sache dire “bonjour” et “comment allez-vous ?” C’est un minimum. »

11 % de la population française est touchée par une déficience auditive. Pour échanger avec ces personnes, il existe un grand nombre de formations professionnelles réparties sur toute la France. Avec le compte personnel de formation (CPF), vous pouvez choisir votre dispositif d’apprentissage, sans passer par votre employeur. Et si vous voulez aller plus loin, pourquoi ne pas devenir interprète ou enseignant en langue des signes ? Vous pouvez opter pour des licences professionnelles ou des masters spécialisés. Selon Anne-Marie Sinet, conseillère référente handicap du Centre d’information et de documentation jeunesse (CIDJ), « s’initier à la langue des signes permet d’acquérir une compétence complémentaire. Même si on ne l’utilise pas forcément, cela témoigne de l’acceptation de l’autre. »