Handicap : Les aidants ont besoin d’aide pour aider

SOUTIEN Au quotidien, ils travaillent et épaulent leurs proches malades, vieillissants, handicapés ou accidentés de la vie. Souvent dans l’ombre

Sylvie Laidet
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Les proches aidants seraient 11 millions, dont 62 % en activité.
Les proches aidants seraient 11 millions, dont 62 % en activité. — sabinevanerp / Pixabay
  • La 25e édition de la Semaine européenne pour l’emploi des personnes handicapées (SEEPH) se déroule du lundi 15 novembre au dimanche 21 novembre à l’initiative de l’Association pour l’insertion sociale et professionnelle des personnes handicapées (Ladapt), sur le thème des jeunes en situation de handicap et de l’emploi.
  • Retrouvez notre supplément 20 Minutes Inclusion sur www.20minutes.fr/pdf/supplements.

Faute de recensement officiel, les proches aidants seraient 11 millions, dont 62 % en activité. Un salarié du privé sur cinq serait donc dans cette situation d’épauler au quotidien un parent, un enfant, un conjoint… malade, en situation de handicap, vieillissant, victime d’un accident. Pour être sur tous les fronts, 45 % ont aménagé leurs horaires et 40 % sont à temps partiel, selon le baromètre Aider et travailler 2020 Tilia. 71 % ont peur d’être stigmatisés au travail et de passer pour les « boulets sur lesquels on ne peut pas compter ». Alors, ils se taisent et ne se déclarent pas proche aidant.

Pourtant, ce statut leur octroie des droits. Tout d’abord, un accès au congé de proche aidant. Des jours de congé indemnisés par la CAF (entre 43 et 52 € par jour) leur permettent de s’absenter. À ce jour, sur 15.900 demandes, la CAF n’en a accepté que 5.000. « L’accès au congé est peu mobilisé, car très limité. Entre trois mois et un an maximum sur toute une carrière. C’est un premier pas, mais cela n’est pas suffisant », souligne Christine Lamidel, fondatrice et directrice générale de Tilia.

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Le don de jour de congé, de RTT, de récup de collègues vers un autre collaborateur-parent d’un enfant gravement malade ou d’un proche aidant est également possible au sein d’une entreprise. Chez BNP Paribas Personal Finance, les primes de scolarité et les bourses d’études supérieures destinées aux enfants des salariés aidants sont majorées. Des groupes de parole avec d’anciens aidants ou des aidants salariés en poste sont également mis en place. Pour soulager la charge mentale de leurs salariés aidants, des employeurs leur donnent accès à des plateformes de soutien psychologique et à des services facilitateurs. Quand une maladie ou un accident survient dans un foyer, les proches aidants doivent rapidement trouver un kiné, un service de portage de repas, etc., pour s’occuper de la personne fragilisée.

« La moyenne d’âge des aidants ne cesse de rajeunir. » Christine Lamidel, de Tilia

Des prestataires de service, mandatés par des employeurs, peuvent prendre en charge l’identification et la prise de rendez-vous avec des professionnels à la place du proche aidant. « La moyenne d’âge d’un aidant est aujourd’hui de 49 ans, et ne cesse de rajeunir », constate Christine Lamidel. En septembre, Brigitte Bourguignon, ministre déléguée chargée de l’Autonomie, Sophie Cluzel, secrétaire d’État chargée des Personnes handicapées, et Olivia Grégoire, secrétaire d’État chargée de l’Économie sociale, solidaire et responsable, ont saisi la Plateforme RSE pour qu’elle propose des mesures susceptibles d’encourager les entreprises à une meilleure prise en compte de la situation de leurs salariés-aidants.

Le 22 octobre, l'Assemblée nationale a approuvé le principe d’élargir les critères pour bénéficier d’un congé dédié aux proches aidants, et de l’indemniser au niveau du Smic, afin que davantage de personnes puissent soutenir un proche âgé, malade ou handicapé.

Ils aident leurs parents à se lever, se laver, assurent le suivi médical, administratif du foyer… Ils, ce sont les 700.000 jeunes venant en aide de manière régulière à un proche malade, en situation de handicap ou de dépendance. Selon une étude Apicil et Handéo de septembre, ces jeunes sont invisibles, car non repérés et non repérables. Pourtant, leur situation est à risque, notamment pour leurs scolarité et insertion professionnelle. « Ils doivent aussi faire face à des risques de rupture familiale, de crise d’identité et de troubles du développement psychoaffectif », soulignent les auteurs de l’étude. Même si ces jeunes développent un sens aigu de l’organisation, mais aussi une intelligence émotionnelle et une capacité à interagir avec des personnes aux besoins spécifiques.