Handicap : La télévision, média de plus en plus utilisé pour la visibilité, notamment lors des jeux sportifs

REPRESENTATION La couverture médiatique des Jeux paralympiques a été exceptionnelle en 2021. Un cap à maintenir en 2024

Virginie Tauzin
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Un match de basket aux Jeux paralympiques de Tokyo, le 5 septembre 2021.
Un match de basket aux Jeux paralympiques de Tokyo, le 5 septembre 2021. — Y. Chiba / AFP
  • La 25e édition de la Semaine européenne pour l’emploi des personnes handicapées (SEEPH) se déroule du lundi 15 novembre au dimanche 21 novembre à l’initiative de l’Association pour l’insertion sociale et professionnelle des personnes handicapées (Ladapt), sur le thème des jeunes en situation de handicap et de l’emploi.
  • Retrouvez notre supplément 20 Minutes Inclusion sur www.20minutes.fr/pdf/supplements.

En décembre 2019, des dirigeants de médias audiovisuels signaient une charte garantissant plus de visibilité aux personnes handicapées sur leurs antennes. Ces engagements, qui veulent « donner la parole aux personnes handicapées pour parler d’autre chose que du handicap » ou encore « présenter le handicap de façon positive […], pas seulement compassionnelle », étaient une réaction au trop faible taux de représentation des personnes handicapées à l’écran et sur les ondes : 0,7 % ( CSA 2018). Et depuis ? « En 2020, seulement 0,6 % du total des individus indexés dans l’audiovisuel est perçu comme en situation de handicap », note le nouveau baromètre de la représentation du CSA, qui précise que seuls les handicaps visibles (moteur, mental et psychique, visuel et auditif, nanisme, trisomie) sont comptabilisés.

« Nos athlètes sont porteurs d’itinéraires de vie singuliers. »          Jean Minier, du Comité paralympique 

Nul doute que le chiffre à venir sur l’année 2021 devrait exploser les compteurs. Explication en deux mots : Jeux paralympiques. La couverture exceptionnelle de ces Jeux (huit heures de direct par jour sur France Télévisions, un magazine quotidien sur L’Équipe TV), qui ont eu lieu du 24 août au 5 septembre 2021, à Tokyo (Japon), n’est pas pour déplaire à Jean Minier, chargé de mission au Comité paralympique français. Pour lui, les J.O. « sont une opportunité fantastique de montrer à quel point nos athlètes sont porteurs d’une parole, d’itinéraires de vie singuliers ».

« On a l’impression de grandes avancées »

Les 54 médailles obtenues par la délégation française ont, estime-t-il, forcément accentué ce phénomène d’exposition. « Les médias français s’étaient complètement ratés en 2012 à Londres. Il y a un effet de rattrapage et, depuis, dans les périodes de Jeux, on a l’impression de grandes avancées. » Une impression seulement, car les acteurs du sport paralympique regrettent que la cérémonie de clôture entraîne inlassablement la plongée dans l’anonymat de centaines d’athlètes handicapés, et du handicap tout court. « C’est le vide sidéral, réagit Jean Minier. Notre défi, maintenant, c’est d’arriver à maintenir cet intérêt des médias jusqu’à Paris 2024. Il faut que l’on continue de communiquer largement sur nos athlètes. »

Appuyé par le mouvement international WeThe15, né durant ces Jeux et qui a vocation à faire savoir que le handicap est partagé par 15 % de la population mondiale, le Comité paralympique est conscient que le sport à la télé peut faire beaucoup pour le handicap. « Si les Jeux peuvent améliorer la visibilité de tous les handicaps à l’écran, alors il faut le valoriser à fond », lance Jean Minier. Le baromètre du CSA 2022 en donnera une première tendance.