Nucléaire : EDF se réjouit des annonces d’Emmanuel Macron sur les nouveaux réacteurs

ELECTRICITE Le PDG d’EDF a indiqué que le groupe « se tient prêt » et attend des précisions sur le nombre et le type de réacteurs à construire

X. R. avec AFP
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Il y aura bientôt de nouveaux réacteurs nucléaires sur le territoire français.
Il y aura bientôt de nouveaux réacteurs nucléaires sur le territoire français. — Mourad ALLILI/SIPA

C’est l’une des annonces de l’allocution aux faux airs de discours de campagne qu’a fait Emmanuel Macron mardi soir : la France va lancer la construction de nouveaux réacteurs nucléaires sur son sol. Lors d’une audition au Sénat, le PDG d’ EDF Jean-Bernard Lévy a annoncé que le leader français du nucléaire « se réjouit » et « se tient prêt » sur ce plan.

« Nous attendons maintenant plus de détails de la part du gouvernement français sur cette annonce », a de son côté souligné Xavier Girre, directeur financier du groupe EDF, lors d’une conférence sur les résultats de l’entreprise. « Le président aura l’occasion de s’exprimer dans les prochaines semaines sur ce sujet-là pour donner des précisions à la fois d’ordre technique -le type de réacteur- et de calendrier », a indiqué pour sa part Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement, sur France info.

« Combien il en faudra ? Est-ce que c’est 6 ? Est-ce que c’est 8 ? Est-ce que c’est 10 ? Je ne peux pas vous le dire, ça dépendra du niveau d’ambition que nous nous fixons » en termes d’électrification, a évacué Bruno Le Maire sur France Inter. Les précisions sur de futurs EPR, notamment leur nombre, ont ainsi été repoussées à plus tard, alors que l’EPR de Flamanville continue d’accumuler retards de livraison et surcoûts, mais doit démarrer fin 2022.

En marge de cet échec, EDF s’est lancé dans un programme d’amélioration industrielle et met par ailleurs en avant son expérience dans la construction de nouveaux réacteurs à Taishan en Chine – où deux exemplaires sont en fonctionnement – ainsi qu’en Angleterre, où deux autres sont en construction avancée. Et avance ses pions pour la construction d’autres EPR en France.

Un programme chiffré à 46 milliards d’euros

Pour ces derniers, « nous avons proposé qu’une première étape soit de construire six réacteurs sur trois sites », a rappelé Jean-Bernard Lévy. Les implantations envisagées, qui avaient déjà été annoncées, sont sur les sites de centrales déjà existantes : d’abord à Penly (Seine-Maritime), près de Dieppe, puis à Gravelines (Nord) et enfin à Bugey (Ain) ou bien Tricastin (Drôme).

Un certain nombre de sujets brûlants restent ainsi à éclaircir, notamment d’ordre financier : « Quelle sera la nature des recettes de ces réacteurs ? », « Comment tout cela peut se financer puisque chacun sait qu’EDF est extrêmement endetté ? », a souligné Jean-Bernard Lévy. Outre le défi industriel, la Cour des comptes avait pointé l’an dernier l’enjeu financier « majeur » d’un tel programme, chiffrant le coût de construction de six EPR de nouvelle génération (EPR2) à 46 milliards d’euros.