Décote, surcote, quel impact sur votre retraite ?

ARGENT Si la majorité des travailleurs prennent leur retraite une fois qu’ils sont sûrs de toucher une pension à taux plein, diverses circonstances peuvent pousser à partir plus tôt ou plus tard

Julie Polizzi pour 20 Minutes
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De plus en plus de travailleurs choisissent de poursuivre leur carrière au-delà de l’âge auquel ils peuvent prétendre à une retraite à taux plein
De plus en plus de travailleurs choisissent de poursuivre leur carrière au-delà de l’âge auquel ils peuvent prétendre à une retraite à taux plein — IStock / City Presse

L’acquisition des droits à la retraite repose sur une équation entre l’âge légal, actuellement fixé à 62 ans, et une durée de cotisation qui varie en fonction de votre année de naissance. En 2023, les Français nés en 1961 auront par exemple atteint l’âge requis pour tirer leur révérence mais devront justifier d’une durée d’assurance retraite d’au moins 168 trimestres (soit 42 ans) pour percevoir une pension à taux plein. Que se passe-t-il en dehors de ce cas de figure ?

La surcote, le nouveau leitmotiv

De plus en plus de travailleurs choisissent de poursuivre leur carrière au-delà de l’âge auquel ils peuvent prétendre à une retraite à taux plein. L’objectif ? Gonfler l’enveloppe de leur future pension. D’après une enquête de Schroders Global Investor Study parue en 2018, les salariés français perçoivent ainsi seulement 61 % de leur salaire une fois à la retraite.

Or, le fait de continuer à travailler après avoir atteint l’âge légal de départ à la retraite et en ayant déjà acquis tous ses trimestres de cotisation permet de bénéficier d’une majoration de votre future pension. C’est ce qu’on appelle la surcote. Pour en bénéficier, vous n’avez aucune démarche à accomplir puisque le calcul est automatique. En revanche, vous ne devez pas avoir été d’abord mis à la retraite avant de poursuivre votre activité.

Comment gagner plus ?

Dans le détail, chaque trimestre supplémentaire cotisé au cours de cette prolongation d’activité va s’ajouter aux autres et sera pris en compte lors du calcul futur de vos droits. Attention, ces bonus correspondent à des trimestres civils travaillés : chômage, maladie ou accident du travail ne comptent donc pas.

À la clé, l’intégralité de votre pension de retraite de base sera majorée de 1,25 % pour chaque trimestre de surcote cotisé, soit une majoration de 5 % par année supplémentaire (contre 0,75 % par trimestre pour les professions libérales). Libre à vous alors de poursuivre votre carrière autant de temps que vous le souhaitez. Sachez d’ailleurs que les salariés bénéficient aussi de cette majoration lorsqu’ils travaillent au-delà de l’âge ouvrant automatiquement droit au taux plein, fixé entre 65 et 67 ans selon l’année de naissance.

La décote, l’épée de Damoclès

À l’inverse, à moins de bénéficier des conditions de départ spécifiques aux carrières longues, pénibles ou en raison d’une invalidité, demander votre départ en retraite sans justifier de la durée d’assurance nécessaire peut vous coûter cher. L’Assurance retraite va en effet minorer votre pension en fonction du nombre de trimestres manquants. C’est ce qu’on appelle la décote.

Pour comprendre comment ça marche, rappelons tout d’abord que le taux plein d’une retraite de base (hors retraite complémentaire) correspond seulement à 50 % de votre salaire annuel moyen calculé sur vos vingt-cinq meilleures années de carrière. Or, en cas de décote, ce montant subira un coefficient de minoration de 1,25 % par trimestre manquant, dans la limite de 20 trimestres. Dans le pire des cas, votre retraite de base sera donc calculée sur 37,5 % de votre salaire moyen de référence au lieu de 50 %.

Seule échappatoire : la décote ne s’applique pas si vous avez atteint l’âge automatique du taux plein (entre 65 et 67 ans), et ce, même s’il vous manque des trimestres.

Et la retraite complémentaire ?

Outre les cotisations à la retraite de base, les travailleurs acquièrent également des droits au régime de retraite complémentaire associé à leur secteur professionnel, ce qui leur permet de compléter le montant de leur future pension. Hélas, lorsqu’une décote est appliquée à l’un, elle est aussi appliquée à l’autre. Vous perdez donc sur les deux tableaux. En revanche, le système de surcote n’a pas d’équivalent et permet de revaloriser uniquement votre pension de base.

Il n’empêche, l’allongement de la durée de travail a donné des idées à l’Agirc-Arcco, l’organisme chargé des retraites complémentaires des salariés et cadres. Depuis 2019, les nouveaux retraités qui raccrochent l’année où ils ont atteint le taux plein subissent désormais une diminution temporaire de leur pension de 10 % durant trois ans ou jusqu’à 67 ans maximum. Pour l’éviter, ils doivent continuer à travailler 1 an de plus. Et s’ils poursuivent leur carrière au-delà de deux ans, ils profitent d’une majoration de la pension pendant 1 an, sachant que le coefficient varie entre 10 et 30 % selon le nombre d’années supplémentaires.

Contactez le numéro officiel 39 60 de l’Assurance retraite pour faire le point sur votre situation avant de prendre une décision irrémédiable.