Lutte contre le gaspillage : Louer plutôt qu’acheter des jouets ou comment éviter les 100.000 tonnes jetées chaque année

CONSOMMATION La start-up bordelaise Petite Marelle propose aux particuliers de la location de box de jouets, pour éviter le gaspillage mais aussi désencombrer les chambres des enfants

Mickaël Bosredon
— 
La start-up bordelaise Petite Marelle propose des box de jouets à louer
La start-up bordelaise Petite Marelle propose des box de jouets à louer — Petite Marelle
  • « Un jouet est utilisé en moyenne six mois par un enfant de moins de six ans » explique Adrien Valentin, cofondateur de la start-up Petite Marelle.
  • L’entreprise bordelaise propose ainsi aux parents des box de jouets à louer, que l’on reçoit directement à son domicile.
  • Ce principe de location permet de lutter contre le gaspillage, et de renouveler régulièrement les jouets des tout-petits qui ont besoin de nouveauté pour accompagner leur éveil.

Lutter contre le gaspillage, faire des économies, et… désencombrer les chambres. La liste des avantages à louer, plutôt que d’acheter des jouets pour les enfants, surtout les plus petits, est longue comme le bras.

Baptiste Hasbrouck et Adrien Valentin ont lancé, fin 2019, la start-up Petite Marelle, qui propose de la location de box de 5, 10 ou 15 jouets pour les enfants de 0 à 8 ans. « Un jouet est utilisé en moyenne six mois par un enfant de moins de six ans, et cela tombe même parfois à trois mois pour les tout-petits, explique Adrien Valentin. Tout cela engendre environ 40 millions de jouets jetés chaque année en France, soit 100.000 tonnes de déchets. » Sans compter qu’en renouvelant régulièrement les jeux d’un tout-petit, qui a besoin sans cesse de nouveauté, « on accompagne au plus près sa courbe d’éveil. »

Au premier confinement, « nous avons eu d’un coup une forte demande de particuliers »

Le concept des deux Bordelais visait au départ, essentiellement, le secteur des professionnels de la petite enfance. Mais la crise du Covid-19 leur a montré que le grand public était finalement davantage prêt à ce mode de consommation que ce qu’ils croyaient.

Un exemple de box de jouets à louer de la start-up Petite Marelle
Un exemple de box de jouets à louer de la start-up Petite Marelle - Petite Marelle

« Au premier confinement, les crèches ont quasiment toutes arrêté leur activité, et les parents se sont retrouvés à devoir occuper leurs enfants, raconte Adrien Valentin. Nous avons eu d’un coup une forte demande de particuliers, ce qui a totalement inversé notre modèle, puisque ce sont les parents qui ont boosté notre activité. On s’est rendu compte qu’il y avait un vrai engouement de la part des particuliers pour notre concept, et nous avons continué de surfer sur cette vague-là, qui perdure encore. »

Plus de 1.000 références de jouets

Cécile Pelletier, une Parisienne maman d’un petit Melvil, a découvert Petite Marelle fin 2020. A un moment où les magasins de jouets étaient fermés. « On m’en a parlé, je suis allé voir leur site sur Internet, et j’ai trouvé que leur principe correspondait parfaitement à mon enfant qui avait à peine un an, et à qui on offrait des jouets avec lesquels il jouait peu, ou dont il se lassait rapidement, raconte-t-elle. Et puis, je n’ai pas de grands espaces pour stocker des jouets, sans compter que cela coûte cher. »

Petite Marelle mise aussi beaucoup sur un fonctionnement très souple. « On a voulu faire quelque chose qui soit le plus simple et le plus modulable possible pour les parents, insiste Adrien Valentin. Nos box sont 100 % flexibles, puisque ce sont les parents qui choisissent les jouets qu’ils veulent mettre dedans, via notre catalogue en ligne qui compte 1.000 références. Ils récupèrent la box à domicile, et tous les mois ils ont la possibilité d’arrêter l’abonnement, ou de le renouveler tout ou partie un mois de plus. »

Cécile Pelletier confirme. « C’est super facile : je choisis les jouets sur le site - en plus il y a plein de conseils par rapport aux tranches d’âge - et si je renouvelle mon abonnement un mois de plus, je ne suis pas obligée de garder les mêmes jouets, je peux en conserver un ou deux et échanger les autres. »

Plus de 3.000 clients à ce jour

La box de cinq jouets, qui représente 75 % des abonnements, est proposée à 19,50 euros par mois, « prix qui comprend la box, l’envoi et les retours, la garantie casse et usure » détaille Adrien Valentin. La box dix jouets est à 28 euros, tandis que celle de 15 jouets est essentiellement à destination des professionnels. « Notre catalogue est régulièrement complété, et il s’agit essentiellement de jouets en bois, en carton recyclable ou caoutchouc naturel, et sans pile. »

Petite Marelle compte plus de 3.000 clients à ce jour. « Cela va des grands-parents qui prennent des abonnements sur des périodes courtes, principalement durant les vacances scolaires lorsqu’ils gardent les enfants, aux parents abonnés à l’année, ou une partie de l’année. » Cécile Pelletier a déjà renouvelé son abonnement trois fois pour sa part, « ce qui ne m’empêche pas de continuer d’acheter des jouets, mais à de très rares occasions, pour des coups de cœur ».

« Beaucoup de nos clients vivent principalement sur nos locations, et n’achètent plus qu’occasionnellement, lors d’événements comme Noël ou un anniversaire » analyse Adrien Valentin. Qui précise que Petite Marelle propose aussi des options d’achat si l’enfant a un coup de cœur pour un jouet, « à un prix de 40 % à 50 % moins cher qu’en magasin », ainsi que des cartes cadeaux proposant des abonnements de trois mois à 58,50 euros. « Ça marche très bien à Noël », glisse l’entrepreneur.

Partenariat avec l’enseigne Cultura

Basé à l’incubateur de start-up de l’école de commerce Kedge à Talence, Petite Marelle sous-traite toute la partie logistique à un Esat (Etablissement ou service d’aide par le travail, qui favorise l’insertion d’adultes en situation de handicap) à Artigues-Près-Bordeaux. « Nous avons déjà plus de 50.000 jouets qui sont partis en location, et c’est cet établissement qui gère l’entreposage, la préparation des commandes, la gestion des retours, le nettoyage/désinfection… »

Alors que la start-up ambitionne de doubler de volume d’ici à un an, elle vient de passer un partenariat avec l’enseigne Cultura, « qui s’est rendu compte que sa clientèle était aussi ouverte à cette nouvelle façon de consommer », explique Adrien Valentin. Les deux entreprises réfléchissent également à un projet autour de la collecte de jouets.