Binch, l’appli qui permet de commander au bar via son téléphone sans attendre le serveur

QR MOJITO La jeune start-up nantaise Binch veut « révolutionner la manière de commander » au bar et au resto

Julie Urbach
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Illustration du service Binch, dans un café à Nantes
Illustration du service Binch, dans un café à Nantes — J. Urbach/ 20 Minutes
  • Scannez, commandez, trinquez. C’est le principe de la solution Binch, utilisée dans 70 établissements de l’Ouest de la France.
  • Plus autonomes, les consommateurs seraient servis plus rapidement. Ce qui permet aux patrons de bars de servir davantage.

Scannez, commandez, trinquez. Voilà comment se passe l’apéro au Canaille Café, à Nantes. Depuis quelques mois, les cartes de ce bar très fréquenté du centre-ville ont laissé place à des QR codes collés sur les nombreuses tables. « On ne connaissait pas mais c’est très facile à utiliser, raconte un groupe d’amis en terrasse, chacun une bière à la main. C’est super rapide aussi : on s’est assis, on a choisi, et les boissons sont arrivées cinq minutes après. »

Commander et payer une conso via son smartphone, c’est le principe de Binch, qui espère « révolutionner la manière de commander » dans déjà 70 bars dans l’Ouest de la France. Sans inscription ni téléchargement (il faut juste renseigner son numéro de carte bancaire, pour le règlement de l’addition), cette web-appli a d’abord été créée pour les consommateurs. « L’idée est venue pendant la Coupe du monde 2018, raconte Thibaud Coiffard, 24 ans, cofondateur de Binch, dont le siège est à Nantes. J’étais dans un bar, et je n’ai jamais pu avoir mon verre à la mi-temps, tellement les serveurs étaient débordés. »

Le métier de serveur en péril ?

Mais sa solution, qu’il présente comme « un nouveau membre de l’équipe », ferait surtout les affaires des patrons de bars et de restos. Car ne plus perdre du temps à prendre les commandes et à encaisser, c’est servir toujours plus de verres, plus vite, à plus de monde. Sur Binch, tout est fait pour que le client soit autonome (logos et prix visibles, descriptifs des boissons et plats bien détaillés) et, au final, consomme. Et pas n’importe quoi puisque les établissements peuvent mettre en avant dans l’appli les produits qu’ils souhaitent vendre (pour écouler des stocks par exemple) ou pas (imaginons, quand le service des boissons chaudes est terminé). Quand on valide, une suggestion, comme une planche de saucisson, apparaît. « Dans les moments de rush, le serveur n’a pas forcément le temps de le proposer », estime Thibaud Coiffard.

Avec déjà 50.000 utilisateurs et 100.000 commandes passées, le service, qui propose aussi une option « retrait au comptoir », ne risque-t-il pas de mettre en péril le métier de serveur ? Au Canaille Café, on assure que l’effectif est resté stable. « On a évidemment laissé une personne en salle pour la prise de commandes classique. Garder le contact avec les gens, c’est super important, explique la responsable Houda Afifi. Mais la deuxième personne est désormais mobilisée ailleurs, notamment derrière le bar, pour envoyer les commandes plus nombreuses. Sur une grosse soirée, Binch peut représenter 60 % de notre chiffre ! »

Bientôt dans les stades et les festivals

La jeune start-up, composée d’une dizaine de personnes, espère atteindre un millier de cafés et restaurants d’ici à l’an prochain, partout en France. « Les établissements payent un abonnement pour la location du matériel et Binch perçoit une commission sur le chiffre d’affaires généré », précise Thibaud Coiffard. En attendant, l’entreprise travaille sur de nouvelles fonctionnalités comme la possibilité de laisser un pourboire et la mise en place d’un programme de fidélité, que chaque bar pourra configurer. Elle annonce aussi une prochaine levée de fonds pour accélérer son développement et s’étendre aux événements sportifs et festivals d’été.