Coronavirus : Amazon et Apple souffrent des pénuries à l’approche des fêtes de Noël

CADEAUX EN DANGER Les titres des deux géants ont perdu plus de 3 % en Bourse car leur production n’arrive pas à suivre la hausse de la demande

20 Minutes avec AFP
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Face à des chiffres moins bons qu'attendu, l'action d'Apple est à la baisse.
Face à des chiffres moins bons qu'attendu, l'action d'Apple est à la baisse. — AFP

Y aura-t-il des cadeaux pour tout le monde sous le sapin ? Certes, il est un peu pour se poser la question, mais elle fait déjà trembler les géants du Net, en particulier Amazon et Apple. Comme beaucoup d’autres secteurs, notamment l’automobile, les deux groupes souffrent de deux maux directement liés à la pandémie de Covid-19 : des problèmes de recrutement et le manque de matériaux semi-conducteurs.

Les résultats des deux groupes américains, publiés jeudi, ont déçu les investisseurs, et leurs titres perdaient chacun plus de 3 % lors des échanges électroniques après la clôture de la Bourse de New York. Amazon a certes réalisé un chiffre d’affaires conforme à ses attentes, à hauteur de 110,8 milliards de dollars (+15 %) au troisième trimestre, mais pas à celles des analystes qui escomptaient plus de 111,6 milliards.

Amazon peine à recruter 150.000 saisonniers pour les fêtes

Le leader du commerce en ligne n’a dégagé « que » 3,2 milliards de dollars de bénéfice net, soit deux fois moins que l’an dernier. Mais Amazon avait alors bénéficié du confinement généralisé et de la fermeture de la grande majorité des commerces physiques, ainsi que d’une opération annuelle de soldes. L’entreprise met aussi en avant ses nombreux investissements, soulignant qu’il a « quasiment doublé son réseau d’entrepôts depuis le début de la pandémie ».

Fin septembre, près d’1,5 million de personnes travaillaient pour Amazon dans le monde, soit 30 % de plus qu’il y a un an. La firme continue d’embaucher, et se heurte même à une pénurie de main-d’œuvre sur marché américain. Le groupe de Seattle a fait savoir il y a dix jours son intention de recruter 150.000 saisonniers pour la période des fêtes de fin d’année, en plus de 165.000 embauches déjà annoncées en septembre, avec de fortes primes à l’embauche.

Mais le manque de main-d’œuvre pour trier et acheminer les colis n’est pas le seul danger qui pèse sur le Noël d’Amazon. « L’augmentation des salaires, les problèmes d’approvisionnement mondiaux et des coûts de transport en hausse » sont listés par le géant de la distribution, qui souffre également de la pénurie de composants électroniques. C’est cette dernière qui s’avère particulièrement redoutable pour Apple.

La firme californienne estime avoir perdu environ six milliards de dollars de revenus de juillet à septembre du fait de « contraintes d’approvisionnement plus importantes que prévu », explique le directeur général Tim Cook. Dans le détail, la marque à la pomme a été frappée, par « des pénuries de silicone », élément essentiel dans la fabrication de puces électroniques, qui touchent l’ensemble du secteur des produits électroniques de grande consommation. Les usines de sous-traitance en Asie sont également perturbées par le coronavirus.

Une demande en forte hausse

Là encore, il ne s’agit pas tant de pertes nettes que de ne pas arriver à suivre l’augmentation de la demande. Les ventes de l’iPhone ont ainsi bondi de 47 % en un an. Sur l’ensemble de son exercice 2020-2021 (d’octobre à septembre), Apple a vendu pour 191,9 milliards de dollars de smartphones, de très loin le record, et près d’un tiers de plus que lors de son dernier exercice avant la pandémie.

En d’autres termes, les pénuries qui touchent Amazon et Apple signifient plutôt « il n’y en aura pas pour tout le monde » dans une boutique pleine qu’« il n’y en aura pas » à une clientèle restreinte. Le directeur financier d’Amazon, Brian Olsavsky, table ainsi sur une croissance comprise entre 4 et 12 % sur un an, malgré les « coûts » liés aux problèmes de recrutement.