Flambée des prix de l’énergie : TotalEnergies multiplie son bénéfice net par 23 en un an

DEMESURE La remontée des cours des hydrocarbures, en particulier la flambée du prix du gaz, a profité à la société

M.F avec AFP
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TotalEnergies a profité à plein de la remontée des cours des hydrocarbures, en particulier de la flambée historique du gaz qui alimente une crise énergétique en Europe, multipliant son bénéfice net par 23 au troisième trimestre 2021.
TotalEnergies a profité à plein de la remontée des cours des hydrocarbures, en particulier de la flambée historique du gaz qui alimente une crise énergétique en Europe, multipliant son bénéfice net par 23 au troisième trimestre 2021. — SYSPEO/SIPA

Il n’y a pas que le prix de l’essence, du gaz et de l’électricité qui augmentent. Les rentrées d’argent de TotalEnergies aussi. Et les deux sont étroitement liés. Le géant français a annoncé jeudi que ses bénéfices nets s’élevaient à 4,6 milliards de dollars au troisième trimestre. Un montant multiplié par 23 en un an.

« La reprise économique mondiale, notamment en Asie, a entraîné une forte hausse des prix de toutes les énergies au troisième trimestre », a souligné dans un communiqué Patrick Pouyanné, le PDG de TotalEnergies.

En progression de 66 % par rapport à 2019

Le bénéfice net de 4,6 milliards de dollars se compare aux 202 millions de dollars du troisième trimestre 2020, un niveau alors bas en raison de la déprime des cours. Mais, en comparant au troisième trimestre de 2019, avant la crise du Covid-19, ce résultat apparaît tout de même en forte progression de 66 %. Le résultat net ajusté – qui exclut certains éléments exceptionnels et sert de référence dans le secteur – a pour sa part été multiplié par 5,6 sur un an, à 4,8 milliards.

La principale explication à cette hausse est donc la remontée des cours des hydrocarbures : pétrole mais surtout gaz, notamment sous sa forme liquéfiée (GNL), une activité dans laquelle le groupe est très actif.

La tendance ne devrait pas s’inverser dans les mois à venir

Cette flambée des cours pose des problèmes de pouvoir d’achat dans de nombreux pays, car elle se traduit dans les prix à la pompe ou dans ceux du chauffage, avec aussi des répercussions sur le marché de l’électricité, obligeant des gouvernements à intervenir. Face à cette crise de l’énergie, les dirigeants européens sont, pour leur part, récemment apparus divisés.

Après avoir atteint des niveaux historiques, les cours du gaz devraient rester élevés, pense le groupe, à l’unisson de la plupart des experts. « Le faible niveau des stocks de gaz et la demande qui devrait rester soutenue, sauf hiver exceptionnellement clément, sont susceptibles de maintenir les prix du gaz en Europe et en Asie à des niveaux élevés jusqu’au deuxième trimestre 2022 », juge-t-il. C’est l’ensemble du secteur qui devrait profiter de cette envolée des cours. Le norvégien Equinor a publié mercredi des résultats solides, repassant dans le vert, tandis que Shell quadruplait jeudi son bénéfice ajusté.

13 milliards de dollars d’investissements prévus en 2021

TotalEnergies a aussi profité d’une remontée de sa production d’hydrocarbures, en hausse de 4 % sur un an au troisième trimestre, notamment grâce à la forte demande pour le gaz et au choix des pays producteurs de pétrole de remettre des barils sur le marché. Elle a ainsi atteint 2,8 millions de barils équivalents pétrole par jour et devrait continuer de grimper au quatrième trimestre, à un niveau compris entre 2,85 et 2,9 millions.

Malgré la manne de la flambée des cours, le groupe veut maintenir sa « discipline sur les coûts », avec des investissements prévus proches de 13 milliards de dollars en 2021, dont 3 milliards consacrés aux renouvelables et l’électricité.

Sous pression pour la diversification

L’ancien Total, qui s’est renommé pour afficher sa diversification, cherche en effet à se développer dans ces secteurs. Comme toutes les entreprises issues à l’origine de l’activité pétrolière, il est sous pression pour se diversifier dans des domaines compatibles avec les objectifs de limitation du réchauffement climatique.

Le groupe a ainsi également annoncé jeudi qu’il prévoyait jusqu’à 200 millions d’euros en France pour équiper plus de 150 de ses stations sur autoroutes et voies express en bornes de recharge haute puissance pour véhicules électriques. « Grâce aux revenus générés par nos activités d’hydrocarbures, nous pouvons investir massivement dans les infrastructures de recharge pour véhicules électriques et ainsi accélérer notre transformation », a fait valoir Alexis Vovk, directeur général marketing et services.