Pour faire face à la crise, PSA met fin au mandat de son président

AUTOMOBILE Christian Streiff sera remplacé par Philippe Varin à compter du 1er juin...

C. Ch. avec agence

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Philippe Varin (à dr.) devient le président de PSA, à la place de Christian Streiff. 
Philippe Varin (à dr.) devient le président de PSA, à la place de Christian Streiff.  — montage / Reuters

Les difficultés du secteur automobile ont fait une victime parmi les patrons, ce dimanche. Le conseil de surveillance de PSA Peugeot Citroën a décidé de mettre fin au mandat de Christian Streiff, président du directoire, et a nommé Philippe Varin à cette fonction à compter du 1er juin 2009. C’est ce qu’annonce le constructeur automobile dans un communiqué.

PSA Peugeot Citroën précise que Roland Vardanega, membre du directoire, assurera par intérim la présidence jusqu'à la prise de fonction effective de Philippe Varin. Ce dernier «prendra connaissance des équipes et des activités du groupe», à partir du 15 avril, précise le communiqué.

Un changement de direction s’impose

«Le conseil de surveillance, unanime, a jugé que les difficultés exceptionnelles qu'affronte l'industrie automobile imposaient un changement de management à la tête du groupe», déclare Thierry Peugeot, président du conseil de surveillance, dans le communiqué. «Je suis convaincu que, sous la direction de Philippe Varin, le groupe PSA Peugeot Citroën sera à même, avec l'ensemble des équipes, de révéler tout son potentiel», ajoute-t-il.

Pas vraiment une surprise

Ebranlé par la crise du secteur, PSA a enregistré une perte nette de 343 millions d'euros l'an dernier et table sur une nouvelle perte cette année. En février, Christian Streiff avait annoncé renoncer totalement à sa rémunération variable au titre de 2008. Depuis quelque temps, l’avenir de Christian Streiff à la tête de PSA semblait compromis. En cause, un bilan mitigé, sans réel succès commercial, une opposition des cadres du groupe et une pression croissante de l’Etat. Le constructeur français a obtenu en février, comme Renault, un prêt de 3 milliards d'euros pour l'aider à sortir de la crise. Le 25 mars, s'exprimant face au Sénat, Christian Streiff avait réaffirmé que PSA n'avait «pas l'intention de fermer d'usines» dans l'Hexagone et qu'il n'y aurait «pas de plan de licenciement en France en 2009».

Varin, déjà pressenti pour PSA

Philippe Varin n’est pas un inconnu pour PSA. En 2007, il avait été pressenti pour succéder à Jean-Martin Folz. A l’époque, Christian Streiff lui avait été préféré. Polytechnicien, Varin a débuté sa carrière chez Péchiney en 1978. En mai 2003, il reprend le groupe sidérurgique Corus, alors en difficulté et qu’il a redressé jusqu’à l’OPA amicale du groupe Tata Steel. En trois ans, il supprimera 1.150 postes et renouvellera un tiers du management. Il atteint alors dès 2005 les objectifs fixés pour 2006.