Assurance-chômage: L'Unédic prévoit un retour des comptes dans le vert dès 2022

FINANCES Le rebond de l'emploi permet d'améliorer la situation financière de l'organisme

20 Minutes avec AFP
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Le siège de l'Unédic à Paris.
Le siège de l'Unédic à Paris. — Vincent Loison/SIPA

L’Unédic, qui gère le régime d’assurance chômage, a annoncé vendredi prévoir un retour à l’excédent dès 2022, mais avec un fort niveau d’endettement invitant à « une extrême prudence ».

L’organisme paritaire, qui présentait ses prévisions financières pour le régime d’assurance chômage à l’horizon 2023, indique qu’après un déficit de 17,4 milliards en 2020, avec le choc inédit de la crise du Covid-19, « le solde financier de l’Unédic serait de -10 milliards d'euros en 2021, puis excédentaire de +1,5 milliard en 2022 et de +2,3 milliards en 2023 ».

Différents effets additionnés

Cette nette amélioration entre fin 2021 et fin 2022 proviendrait de trois facteurs : pour 60 % de la fin du financement des mesures d’urgence dont l’activité partielle (financée au tiers par l’Unédic et aux deux tiers par l’État), pour 25 % de l’amélioration conjoncturelle avec le rebond de l’emploi, et pour 15 % des effets de la réforme de l’assurance chômage, sous réserve qu’elle s’applique selon le calendrier prévu.

Dans le même temps, la dette « atteindrait 64,7 milliards fin 2021, puis elle commencerait à diminuer en 2022 pour s’établir à 63,2 milliards en fin d’année et à 60,9 milliards fin 2023 », poursuit l’organisme, évoquant une dette qui « reste marquée par le poids du financement des mesures d’urgence » (19,4 milliards d’endettement supplémentaire à fin 2022).

Lors d’un point presse en visioconférence, le président de l’Unédic, Eric Le Jaouen (Medef), a fait état d’un message « un peu paradoxal » avec un régime qui va retrouver en 2022 un excédent, une « bonne nouvelle » et dans le même temps « un chiffre inédit d’endettement » en décembre 2021, ce qui invite à « une extrême prudence ». Il a également souligné le « contexte assez complexe pour les prévisionnistes », évoquant notamment les incertitudes autour de l’inflation.

« Rebond exceptionnel »

Du côté de l’emploi, l’Unédic s’attend à la création de 498.000 emplois fin 2021, « un rebond exceptionnel ». 2022 devrait enregistrer la création de 23.000 emplois et 2023, de 96.000.

Lors de ses dernières prévisions en juin, l’organisme anticipait la création de 126.000 emplois cette année et un déficit de 12 milliards d’euros fin 2021. Il prévoyait une poursuite plus dynamique des créations d’emplois en 2022 (+127.000) et en 2023 (+109.000).

Ces nouvelles prévisions interviennent alors que le Conseil d’Etat doit se prononcer de façon imminente sur les recours en référé des syndicats visant à suspendre à nouveau le changement du mode de calcul des allocations chômage, dans le cadre de la réforme controversée.

La réforme permettrait d’économiser 1,9 milliard d’euros en 2022

Les prévisions présentées se fondent sur une application de la réforme de l’assurance chômage conforme au calendrier prévu par le gouvernement, notamment la modification du calcul de l’allocation entrée en vigueur au 1er octobre et le durcissement des règles sur la dégressivité des allocations et sur la durée d’affiliation nécessaire pour ouvrir ou recharger un droit, qui devrait entrer en vigueur au 1er décembre.

Lors de la conférence de presse, Patricia Ferrand (CFDT), vice-présidente de l’Unédic, a indiqué que, selon les calculs de l’organisme, la réforme devrait engendrer des moindres dépenses d’environ 1,9 milliard en 2022, dont 800 millions liés au nouveau calcul du salaire journalier de référence (SJR), base de l’allocation. Les moindres dépenses atteindraient 2,2 milliards en 2023.

Pour FO, opposé comme toutes les autres centrales à la réforme de l’assurance chômage, ces prévisions confortent « d’autant plus la pleine légitimité et l’efficacité du paritarisme pour la gestion du régime ». Dans un communiqué, le syndicat appelle à nouveau « solennellement le gouvernement à la raison et à retirer sa réforme », notant que « les dispositions d’économies supplémentaires en réduisant les droits des demandeurs d’emploi ne se justifient aucunement ».