Perpignan : Le train des primeurs vers Rungis de retour sur les rails ce vendredi

AGRICULTURE Le premier convoi doit partir du marché catalan ce vendredi après-midi

N.B. avec AFP
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Le train des primeurs (Archives)
Le train des primeurs (Archives) — LE BRUN BENJAMIN/SIPA
  • Interrompu pendant deux ans, faute de clients et en raison de la vétusté du matériel, le train des primeurs entre Perpignan et Rungis reprend les rails ce vendredi.
  • Depuis sa fermeture, le train avait été remplacé par des camions sur les autoroutes.
  • Sur les 80 wagons du train des fruits et légumes, 34 ont pu être retapés, permettant d’avoir des convois de 12 wagons chacun. Le compte n’y est pas, pour la CGT.

Interrompu pendant deux ans, faute de clients et en raison de la vétusté du matériel, le train des primeurs entre Perpignan (Pyrénées-Orientales) et Rungis (Val-de-Marne) reprend les rails ce vendredi après-midi. Le Premier ministre, Jean Castex, assistera à la relance de cette liaison. Le premier train doit partir du marché Saint-Charles de Perpignan à 16h28, pour arriver à Rungis samedi à 3h08.

Depuis sa fermeture, en 2019, le train avait été remplacé par des camions, lancés sur les autoroutes. « Entre 25.000 et 40.000 par an, estimait auprès de 20 Minutes, le 27 septembre, Thomas Portes, le collectif Sauvons le train Perpignan/Rungis. Quand le train des primeurs ne roule pas, ce sont 44 tonnes de CO2 qui sont rejetés, chaque jour, dans l’atmosphère. » Contre à peine 3 tonnes, environ, pour la ligne de fret.

La « dure loi du marché »

« C’était la dure loi du marché qui s’appliquait, et elle était très dure, parce que les prix de la route sont imbattables. Le train n’était pas subventionné », explique Frédéric Delorme, président de Rail Logistics Europe, une filiale de fret ferroviaire de la SNCF.

Du côté de la CGT, si le retour du train des primeurs est une « victoire », le compte n’y est pas. « Les actes ne correspondent pas aux engagements, ni aux belles paroles, de nos dirigeants, grondait en septembre la CGT des cheminots de Perpignan. Nous apprenons que seulement 12 wagons seront dédiés quotidiennement à ce train. » La nouvelle liaison fonctionnera en effet avec des trains deux fois moins longs. Sur les 80 wagons, 34 ont pu être retapés, permettant d’avoir des convois de 12 wagons chacun.

C’est Rail Logistics Europe qui a été choisi pour reprendre les rênes du train des primeurs, avec un projet comprenant aussi la création d’une « autoroute ferroviaire », chargeant des semi-remorques et des conteneurs sur des trains, du Boulou (Pyrénées-Orientales) au port de Gennevilliers (Hauts-de-Seine), d’ici la fin de l’année. « Ça coûte plus cher que la route et c’est pour ça qu’il faut une subvention, mais les bénéfices écologiques justifient cette subvention », explique Frédéric Delorme. La subvention atteint 14 millions d’euros sur la durée de la convention jusqu’à fin 2024, selon Matignon.