Prix du gaz et électricité : L’Assemblée nationale adopte le budget 2022 prévoyant un « bouclier tarifaire »

ENERGIE Cette première partie du budget 2022 est dévolue aux recettes et notamment celles accordées aux prix de l’énergie

M.F avec AFP
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En plein débat sur le prix des carburants et de l'énergie, l'Assemblée nationale a largement voté le premier volet du budget 2022, le 19 octobre 2021
En plein débat sur le prix des carburants et de l'énergie, l'Assemblée nationale a largement voté le premier volet du budget 2022, le 19 octobre 2021 — WITT/SIPA

L’Assemblée nationale a voté mardi en première lecture par 349 voix pour (celles de la seule majorité) et 205 voix contre la première partie du projet de loi de finances (PLF) 2022. Ce premier volet comprend notamment  le fameux « bouclier tarifaire » promis par le gouvernement pour contenir l’inquiétante hausse des prix de l’électricité et du gaz. Pour la seule électricité, la perte de recettes pour l’Etat s’élèvera à 5,1 milliards d’euros l’année prochaine.

Un montant insuffisant aux yeux des oppositions qui continuent de mettre la pression : quelle réponse va apporter l’exécutif à la flambée des prix des carburants, sujet hautement inflammable après la crise des « gilets jaunes » et à six mois de la présidentielle ?

Vers un chèque carburant ?

« Toutes les pistes sont sur la table », a indiqué le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal qui promet une mesure d’ici à « la fin de semaine ». Lundi, le ministre de l’Economie Bruno Le Maire a privilégié celle d’un chèque carburant, sur le modèle du chèque énergie, plutôt qu’une baisse des taxes sur essence et gazole.

Cela « ne règle en rien les problèmes de pouvoir d’achat des classes moyennes », a étrillé Véronique Louwagie au nom du groupe LR. Elle a épinglé globalement « un budget dangereux et paresseux », avec une « fuite en avant vers toujours plus de dette » et sans réformes de structure. Le déficit budgétaire s’élèvera à -148,4 milliards en 2022, un chiffre encore provisoire.

Un budget « électoraliste » dénonce l’opposition

La gauche s’est également prononcée contre ce volet recettes mais en déplorant plutôt l’absence de mesures de « justice sociale ». C’était « la dernière occasion de gommer en partie cette marque de majorité des riches qui vous colle à la peau », a lancé le communiste Jean-Paul Dufrègne. Ce volet « risque de ne pas rester dans les annales », a lâché la cheffe de file des députés socialistes Valérie Rabault, cependant que l’absence du ministre des Comptes publics dans l’hémicycle était huée.

Les oppositions s’accordent à juger ce budget « électoraliste » et à « trous » puisque le gouvernement doit compléter plusieurs dispositions dans la seconde partie dédiée aux dépenses à partir de la semaine prochaine, notamment sur le plan d’investissement France 2030 présenté par Emmanuel Macron.

Le budget de la Sécurité sociale à l’étude

De jeudi jusqu’au week-end, les députés examineront le budget de la Sécurité sociale, sans plan grand âge à la hauteur des attentes des oppositions et de certaines voix de la majorité. Ce dernier projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) du quinquennat prévoit un déficit de 21,6 milliards d’euros, soit bien moins que les deux années précédentes, grâce à la croissance et la « sortie de crise » progressive du Covid-19. Mais « un déficit durable d’environ 15 milliards d’euros est prévu » pour les années à venir, reconnaît le ministre de la Santé Olivier Véran.

Pour LR, le gouvernement « arrose à tout vent ». A gauche, après « les largesses toutes relatives » de la période électorale, on craint des « régressions sociales » comme la réforme des retraites.

Quid du budget pour la santé ?

En attendant, les engagements du Ségur de la santé se poursuivent pour 2,7 milliards, dont l’essentiel est consacré à la revalorisation salariale des personnels soignants. Au cœur des débats, le volet consacré aux personnes âgées en perte d’autonomie laisse de nombreux acteurs sur leur faim. « La réforme […] est ambitieuse : elle représente 400 millions d’euros de mesures nouvelles en 2022 et 1,3 milliard en 2025 », revendique la ministre Brigitte Bourguignon.

Pour aider au maintien chez soi, il s’agit d’instaurer au 1er janvier un « tarif plancher » national (et non départemental comme jusqu’alors) de 22 euros par heure de prestation pour les services d’aide à domicile. Pour les Ehpad, il est notamment programmé un renforcement de la présence des soignants et jusqu’à 10.000 équivalents temps plein supplémentaires au cours des cinq prochaines années.

La gauche critique un plan pas à la mesure du « défi collectif du vieillissement de la population » et des « mensonges à propos de la défunte loi consacrée au grand âge et à l’autonomie », longtemps espérée et désormais abandonnée.