Emploi : Comment diminuer son activité en fin de carrière ?

JOB Plutôt que de passer de tout à rien brutalement, des travailleurs choisissent d’aménager leur fin de carrière en ayant recours au dispositif de la retraite progressive

J.P. pour 20 Minutes
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Afin de ralentir en douceur votre rythme de travail, pensez à la retraite progressive dès 60 ans.
Afin de ralentir en douceur votre rythme de travail, pensez à la retraite progressive dès 60 ans. — IStock / City Presse

Malgré l’âge, de nombreux travailleurs n’hésitent plus à poursuivre leur carrière pour subvenir à leurs besoins quotidiens ou financer ceux à venir. C’est pourquoi l’État a mis en place plusieurs dispositifs alliant l’emploi à la retraite, dont celui de la retraite progressive, qui a subi un petit lifting à travers une loi de 2014.

Et depuis, son succès n’a cessé de s’amplifier : 12.344 salariés (dont 73 % de femmes) en ont bénéficié en 2020 au titre du régime général, contre moins de 3.000 avant la réforme, d’après les chiffres de la Caisse nationale d’assurance vieillesse. Mais comment cela fonctionne-t-il ?

Du salariat au multisalariat

Un employé qui s’approche de l’âge légal de départ à la retraite peut choisir de continuer à travailler tout en diminuant son activité, de façon à percevoir en parallèle une fraction de sa pension de retraite. C’est une bonne façon d’aménager sa fin de carrière, d’autant que le calcul provisoire de la pension sera actualisé (puisqu’il cotise toujours) le jour où le salarié souhaitera prendre sa retraite définitive. Cela peut même permettre de bénéficier d’une surcote.

Pour y prétendre, il faut être âgé de 60 ans et avoir cotisé 150 trimestres, tous régimes confondus. Depuis 2018, le dispositif de retraite progressive s’adresse également aux salariés qui travaillent pour plusieurs employeurs, sous réserve de respecter ces conditions. Que vous ayez un seul patron ou une pluralité, la finalité est dans tous les cas de passer d’un temps plein à un temps partiel compris entre 40 et 80 % de la durée légale ou conventionnelle de travail.

Un partage mathématique

Dans le cadre du dispositif de retraite progressive, le pourcentage de la pension perçue sera alors complémentaire au pourcentage de temps de travail. Autrement dit, si vous travaillez à 65 %, vous aurez droit à 35 % de votre pension.
Il n’empêche, cette fraction de retraite ne suffit pas forcément à compenser la perte de revenus consécutive au passage à un temps partiel. Chacun doit faire ses calculs en fonction de sa propre situation.

En revanche, un salarié qui avait déjà une activité réduite a tout intérêt à profiter de ce dispositif puisqu’il voit ses ressources augmenter durant la période de retraite progressive.

L’ancien effet de seuil

Auparavant, les conditions strictes de la retraite progressive incitaient peu de salariés à l’adopter. Avant 2015, ce dispositif était en effet réservé aux plus de 62 ans ayant cotisé 150 trimestres et permettait aux salariés justifiant d’un temps partiel compris entre 20 et 80 % de toucher une partie de leur pension.

Mais un barème complexe de versement par tranches de temps de travail était appliqué. Pour percevoir 70 % de sa retraite, il fallait par exemple afficher moins de 40 % d’activité à temps partiel, tandis que 50 % de la pension était versé entre 40 % et 59,99 % de temps de travail. Et entre 60 et 80 % de la durée légale de travail, seul 30 % de la retraite était octroyé. Ces seuils étaient donc peu compréhensibles du grand public, ce qui a conduit le législateur à simplifier le mécanisme.