Nord : L’abattoir de Valenciennes sanctionné d’une suspension provisoire d’activité

ALIMENTATION Les autorités avancent « des dysfonctionnements et non-conformités » justifiant la fermeture temporaire de la société Abattoirs de Valenciennes

Mikaël Libert
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illustration d'un abattoir.
illustration d'un abattoir. — V. WARTNER / 20 MINUTES
  • L’abattoir de Valenciennes doit cesser son activité par décision préfectorale.
  • Les autorités sanitaires ont relevé des manquements qui n’ont pas été corrigés.
  • La région, les bouchers et les éleveurs ne comprennent pas cette mesure.

Depuis ce jeudi, la société Abattoirs de Valenciennes, dans le Nord, a cessé son activité. Une fermeture administrative imposée par la préfecture du département pour une durée indéterminée qui laisse la région, les artisans bouchers et les éleveurs locaux dans l’incompréhension.

Le 4 octobre dernier, le gérant de l’abattoir de Valenciennes avait été informé que son établissement verrait suspendu son agrément sanitaire permettant l’activité d’abattage. La mesure est entrée en vigueur, ce jeudi. Selon la préfecture, la société avait été mise en demeure à plusieurs reprises par la Direction départementale de la protection des populations (DDPP) après que des « dysfonctionnements et non-conformités » ont été constatés. Difficile d’en savoir davantage, la préfecture refusant de communiquer précisément les griefs retenus contre l’abattoir et le gérant de ce dernier étant injoignable.

Une décision que personne ne comprend

Toutefois, en mai 2019, l’établissement avait déjà fait l’objet d’un arrêté de mise en demeure de corriger un certain nombre de « manquements » concernant, notamment, l’installation électrique, la propreté, le risque incendie ou encore le traitement des eaux usées et pluviales. Autant de points à régler malgré un investissement d’un million d’euros entre 2017 et 2018, essentiellement consacré au renouvellement de la chaîne porcs.

« Après jeudi, on tire le rideau, si les politiques ne se bougent pas », a déclaré le gérant de la SAS Abattoirs de Valenciennes, Alain Dupont, à nos confrères de La Voix du Nord. Lui ne comprend pas vraiment les raisons de la fermeture provisoire de son entreprise. La région non plus d’ailleurs : « Nous apprenons cette semaine avec incrédulité la décision de fermeture de l’abattoir de Valenciennes », a déclaré, jeudi, Marie-Sophie Lesne, vice-présidente en charge de l’agriculture, l’agroalimentaire et la pêche. La collectivité, qui a tout de même versé plus de 400.000 euros d’aide pour que l’abattoir se modernise, ne compte pas en rester là : « L’État doit être facilitateur et laisser le temps aux acteurs, qui n’ont pas été consultés en amont, de s’organiser pour éviter une telle catastrophe ».

Côté artisans, on tombe des nues. « On vous demande de manger local, de faire vivre les éleveurs, et en même temps, on nous ferme nos abattoirs », dénonce Sylvain Pottier de la boucherie charcuterie du Hainaut. « Cet outil de transformation est indispensable pour nous, monde agricole et notamment éleveurs locaux. Sans cet abattoir de proximité, nous devrons parcourir avec nos bêtes de nombreux kilomètres en plus », déplore Alexandre Henniaux de l’association du marché aux bestiaux du Cateau-Cambrésis.