Montpellier : Swile, la start-up partie de rien et devenue en trois ans la 19e licorne de France

LICORNE Avec sa levée de fonds de 200 millions de dollars, Swile est devenue l’une des start-up les mieux valorisées de France et part à la conquête des marchés sud-américains

Jérôme Diesnis
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Loïc Soubeyrand est le président et créateur de swile,.La start-up est devenue en trois ans la 19e licorne française.
Loïc Soubeyrand est le président et créateur de swile,.La start-up est devenue en trois ans la 19e licorne française. — Swile
  • Swile est devenue dans la semaine la 19e licorne française, une start-up non cotée en Bourse dont la capitalisation dépasse le milliard de dollars.
  • La start-up, basée à Montpellier, a dématérialisé les avantages réservés aux salariés des entreprises (titres-restaurants, titres vacances, aides à la mobilité etc.)
  • Elle compte 15.000 entreprises clientes et 500.000 salariés l’utilisent quotidiennement. La levée de fonds doit lui permettre d’attaquer le marché sud-américain, le Brésil notamment.

Emmanuel Macron y a été de son petit mot de félicitations sur les réseaux sociaux. Une start-up française qui rentre dans le cercle des licornes c’est suffisamment rare pour que le chef de l’Etat n’applaudisse à sa naissance. « Notre nouvelle licorne française nous vient de Montpellier ! Car, oui, contrairement aux idées reçues, les start-up ne sont pas que parisiennes : elles créent de l’emploi partout sur le territoire ».

Basée au Village by CA à Montpellier (proche d’Odysseum) Swile vient d’annoncer une levée de fonds de 200 millions de dollars avec Softbank, l’un des plus grands fonds mondiaux de la Tech. Un apport qui doit lui permettre de basculer d’une dimension de leader français dans le domaine du service aux salariés à celle de leader mondial. L’angle d’attaque : le marché sud-américain et notamment le Brésil.

L’un des objectifs économiques fixés par Emmanuel Macron

Swile est devenue la dix-neuvième licorne française. Un cercle relativement fermé dans lequel figurent les entreprises d’une capitalisation supérieure à 1 milliard de dollars et non cotées en Bourse. Avec la société basée à Montpellier, la France revient à la hauteur de l’Allemagne en nombre de licornes, mais reste largement distancée par le Royaume-Uni qui en compte 33. En 2019, Emmanuel Macron avait évoqué le souhait d'en porter le nombre à 25, d’ici 2025.

Swile impressionne par la rapidité avec laquelle elle s’est imposée sur le marché des titres-restaurant « dans lequel on s’est lancé avec la volonté de le dématérialiser. En partant de zéro, on a pris 13 % de parts de marché en trois ans », détaille, pour 20 Minutes, son président et fondateur Loïc Soubeyrand.

« Devenir une carte que les salariés utilisent pour tous leurs types de dépenses »

Puis, d’une carte titres-restaurant, Swile (pour Let’s Smile at Work, sourions au travail) est devenue rapidement une carte avantage salarié sur laquelle est gérée l’intégralité des avantages accordés par leurs entreprises : titres-restaurant, mais aussi aides aux mobilités, titres cadeaux et prochainement titres vacances. 15.000 entreprises et 500.000 salariés l’utilisent déjà au quotidien

En attendant le prochain étage de la fusée. « On souhaite en faire une carte employés, que les salariés utiliseront pour n’importe quel type de dépenses, comme les frais professionnels », reprend Loïc Soubeyrand.

« Ce statut de licorne renforce notre crédibilité à l’étranger »

Comme toujours ou presque, chez les entreprises innovantes, l’idée de départ du fondateur a bien évolué. « A l’origine, j’avais imaginé de simplifier les déjeuners des salariés au travers des commandes déjeuners groupées. L’idée, c’était que plus on commandait, plus les réductions étaient importantes. Mais immédiatement, je me suis rendu compte que pour faire fonctionner cette plate-forme, il fallait d’abord s’attaquer au moyen de paiement. Le premier restaurateur que j’ai rencontré m'a dit : « D’accord, mais 70 % de mon chiffre d’affaires, je le fais en titres-restaurant. » Uniquement en papier à l’époque »

Ce développement plait visiblement aux investisseurs. « Devenir une licorne n’est pas une fin en soi, mais une étape parmi d’autres dans notre développement. Une étape importante, car elle nous permet de renforcer notre crédibilité, de montrer des gages d’assurance à nos clients notamment auprès des partenaires à l’étranger. »