Le gouvernement relève sa prévision de croissance pour cette année à 6,25 %

ECONOMIE « Nous retrouverons en décembre 2021 le niveau d’activité d’avant-crise », a annoncé le ministre de l’Economie Bruno Le Maire

20 Minutes avec AFP
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« Le plein-emploi, nous pouvons y arriver sous deux ans », a affirmé Bruno Le Maire devant les députés.
« Le plein-emploi, nous pouvons y arriver sous deux ans », a affirmé Bruno Le Maire devant les députés. — Jacques Witt/SIPA

Conséquence d’une reprise économique plus dynamique qu’anticipé, le gouvernement a relevé sa prévision de croissance pour 2021, à 6,25 %, contre 6 % attendus précédemment, s’alignant ainsi sur les prévisions de la plupart des grandes institutions.

« La croissance est forte, elle est solide, elle est dynamique. Nous réviserons donc la prévision de croissance pour 2021, de 6 à 6,25 %. Nous retrouverons en décembre 2021 le niveau d’activité d’avant-crise », a annoncé le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, à l’Assemblée nationale, devant les députés qui entamaient lundi après-midi l’examen du dernier budget du quinquennat.

L’activité bientôt au niveau d’avant la pandémie

Le gouvernement s’aligne ainsi sans surprise sur la prévision de l’Insee et se rapproche de celles de la Banque de France (6,3 %) ou de l’OCDE (6,3 %) publiées en septembre. Ce rebond de l’économie française intervient après une récession historique en 2020 du fait de la crise sanitaire, qui a provoqué une chute de 8 % du produit intérieur brut (PIB).

Si le gouvernement affichait une volonté de « prudence » jusqu’ici, le succès de la campagne de vaccination et la mise en place du pass sanitaire cet été, sans trop de conséquences sur l’activité, lui permettent désormais de revoir légèrement ses ambitions.

Après un début 2021 atone, du fait du maintien des restrictions sanitaires, l’activité est fortement repartie depuis la mi-mai. Elle devrait désormais retrouver d’ici la fin d’année son niveau de fin 2019, avancent les économistes comme le gouvernement.

L’emploi à des niveaux inédits

Outre un rebond mécanique avec la réouverture de nombreuses activités, le ministre de l’Economie y voit aussi le succès de « la politique économique » du gouvernement, des mesures de soutien au plan de relance, en passant par les choix économiques d’avant-crise.

Signe révélateur mis largement en avant par l’exécutif ces dernières semaines : l’emploi se situe à des niveaux inédits. Le taux de chômage pourrait retomber à 7,6 % au troisième trimestre, du jamais-vu depuis la crise financière de 2008.

Un plan « France 2030 »

Alors que le risque sanitaire semble s’éloigner pour l’instant, Bruno Le Maire a relevé trois nouveaux dangers pour l’économie française, dont le risque de conflit « exacerbé » entre les nations, qui doit conduire la France et l’Europe à reconstruire leur « indépendance », notamment industrielle.

Emmanuel Macron présentera mardi dans cette optique un plan d’investissement, baptisé « France 2030 », qui vise à financer le développement de technologies d’avenir (hydrogène, biotechnologies, espace, nucléaire, etc.).

« Plein emploi » sous deux ans

Les autres risques pointés par le ministre de l’Economie sont l’inflation, dont la poussée, tirée par les prix de l’énergie, grève le pouvoir d’achat des Français, et les difficultés de recrutement croissantes dans un certain nombre de secteurs (restauration, bâtiment, etc.).

« Le plein-emploi, nous pouvons y arriver sous deux ans », a affirmé Bruno Le Maire devant les députés, dans un discours aux accents de campagne électorale, à six mois de l’élection présidentielle.

Il a aussi défendu le sérieux budgétaire du gouvernement, malgré l’explosion de la dette publique et du déficit durant la crise. Ce dernier, attendu jusqu’ici à 4,8 % du PIB l’an prochain (après 8,4 % cette année), devrait finalement avoisiner les 5 %, le gouvernement devant encore prendre en compte les dépenses engendrées par le plan « France 2030 », le futur revenu d’engagement promis pour les jeunes, que le gouvernement peine à finaliser, et les mesures de compensation face à la hausse des prix de l’énergie.