Faut-il supprimer les stock-options ?

Emmanuel Kessler, journaliste, chroniqueur sur France info, répond aux questions des internautes de 20minutes.fr.

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Non, il ne faut pas jeter le bébé avec l'eau du bain... Au départ, les stock-options sont un coup de pouce pour aider les jeunes entreprises innovantes, les start-up. Comme elles n'ont pas les moyens de payer de gros salaires, ce mécanisme permet une rémunération différée dans le temps. Il s'agit d'une option donnée au salarié pour acquérir des actions de sa société à un prix préférentiel fixé au départ. Il peut les acheter au bout d'un certain délai, trois à quatre ans par exemple. Si l'entreprise a décollé, l'action s'est valorisée, et il peut empocher d'importantes plus-values à la revente. Le système a été dévoyé par les grands groupes. Il est devenu une manière de gonfler la part variable dans les revenus des dirigeants. Tout le monde y trouve son compte : les entreprises ne paient aucune charge sociale sur les stock-options. Les patrons sont moins imposés sur le bénéfice qu'ils en tirent que sur leur salaire. Mais en période de crise, c'est une prime sur les déboires de l'entreprise : le prix d'achat de l'action est calé sur un cours de Bourse qui s'est effondré, ce qui donne l'assurance d'un gain sans effort dès que la conjoncture va s'améliorer. Jackpot garanti ! Moraliser les stock-options est donc indispensable, en les encadrant davantage... Et en permettant à plus de salariés d'en bénéficier.