Polémique sur la paie des patrons

Angeline Benoit

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Le parachute doré de 3,2 millions d'euros octroyé à l'ex-PDG de l'équipementier automobile en difficulté Valeo, Thierry Morin, a déclenché hier une violente polémique. Le conseil d'administration lui a ainsi accordé l'équivalent de deux ans de rémunération. Ce chèque est supérieur de 30 % à ce qui était prévu par le contrat de l'ex-dirigeant, débarqué par les actionnaires vendredi après vingt ans d'ancienneté. Mais les performances de Thierry Morin ont été jugées avec indulgence du fait de la crise. Une rente de retraite de 55 % de son salaire lui a aussi été accordée.

Le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel, a annoncé que l'Etat voterait contre ce « parachute doré » lors de l'assemblée générale du groupe. L'Etat est actionnaire à 8 % de Valeo et a augmenté sa part du capital après la perte de 207 millions enregistrée en 2008, qui a conduit à 5 000 suppressions d'emplois. L'affaire a ulcéré jusqu'au Medef, qui a demandé l'annulation des indemnités. Plusieurs députés UMP ont exigé une loi pour empêcher ces situations, tandis que le socialiste Claude Bartolone dénonçait « ces responsables qui arrivent à un niveau de rémunération qui n'est même plus imaginable ». ■